Amale Temmar, comédienne et militante associative : « Il n’y a pas d’âge pour l’artiste »
Comédienne, Amale Temmar compte à son actif plus d’une cinquantaine de films, de pièces de théâtre et d’émissions, une filmographie bâtie sur la durée, des planches aux plateaux de tournage. Sa vocation est précoce. À…
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Comédienne, Amale Temmar compte à son actif plus d’une cinquantaine de films, de pièces de théâtre et d’émissions, une filmographie bâtie sur la durée, des planches aux plateaux de tournage.
Sa vocation est précoce. À onze ans, elle fait sa première apparition dans l’émission pour enfants « Nadi Assighar ». Elle passe ensuite au théâtre amateur auprès d’Abdelmajid Fennich, où son rôle dans la pièce « Ours Alkoufa » lui vaut le premier prix d’interprétation féminine. La suite la conduit dans la légendaire troupe Mohammed V, avec de nombreuses représentations à travers le royaume, puis vers le cinéma et la télévision, au fil de séries et de grands films nationaux. Cette trajectoire, elle la raconte comme une entrée par la grande porte, celle des artistes qui ont milité pour l’art bien avant de penser à l’argent.
De nature généreuse, elle a fait de l’engagement associatif un prolongement naturel de son métier. Ambassadrice de l’association « Touche pas à mon enfant », elle participe de manière majeure au film « Silence à haute voix » de Driss El Idrissi, réalisé dans le cadre d’une campagne de sensibilisation contre les violences faites aux enfants. Son combat porte aussi sur les conditions de travail de sa profession : elle dénonce la monopolisation du budget par les mêmes sociétés de production, le favoritisme qui écarte des talents éprouvés, et le silence dans lequel souffrent trop d’artistes. Elle plaide pour que les œuvres, et non les noms, aient leur chance.
Ses projets disent la même énergie. Elle a écrit les paroles de « Bghina al hayat », chanson portée par une longue liste d’interprètes marocains et étrangers, du raï au chaâbi, du malhoun à l’amazigh, et déclinée en français, en espagnol et en turc. Elle prépare également des pièces courtes dont elle signe les scénarios, sur les femmes, la violence, l’analphabétisme et l’enfance, et a terminé le tournage de « La danse du monstre », qu’elle a écrit et que réalise Hassan Benjelloun. « Il n’y a pas d’âge pour l’artiste », rappelle-t-elle, refusant de voir dans le renouvellement des visages une raison de disparaître.
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