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Trop de célibataires, on ne se marie plus tout seul… : Revoilà les marieurs ?

Fini le temps où, l’été venu, on voyait arriver dans chaque coin du «derb» une «hdia» annonciatrice d’un nouveau mariage. Ce n’est pas seulement parce qu’aujourd’hui,

Les nouveaux mariés se passent d’annoncer en grande pompe leur alliance pour le meilleur et pour le pire, mais c’est parce qu’on se marie de moins en moins, surtout dans les villes.

Qui d’autre mieux qui les «âdouls» peut juger si crise de mariage il y a ou pas. Ceux parmi ces vaillants «notaires matrimoniaux» avec lesquels nous nous sommes entretenus sur le sujet dans différents quartiers de Casablanca, sont formels. Malgré un «hamdoulillah» d’usage, ils affirment que crise il y a. A vue d’œil, les nouveaux mariés ne se bousculent plus devant leur portillon. D’ailleurs, est ce sans raison qu’il n’y pas longtemps, les «âdouls» ont commencé à remuer ciel et terre, recourant même -eux aussi- au sit-in pour crier que « ça va mal » pour eux.A part l’appréciation des «âdouls», somme toute relative, ce sont les statistiques qui sont plus édifiantes, quoi qu’elles peuvent être laconiques. Pour montrer que la «Moudawana» est une invention géniale, le département de la Justice qui recense les unions sacrées et les divorces, met en avant, ces dernières années, une certaine progression du nombre de mariages. Ce département a annoncé une hausse d’un peu plus de 3% en 2005, de près de 12% en 2006 et de 9% en 2007. Mais, l’un dans l’autre, le chiffre global des mariages enregistrés chaque année au Maroc ne dépasse pas, bon an mal an, 300.000.

A côté de ce chiffre, il est intéressant de savoir que le nombre de divorces a connu, quant à lui, rien qu’en 2007 plus de 22%. En chiffres ronds, ce sont pas moins de 41.000 demandes de divorce qui ont été enregistrées durant l’année passée. Visiblement, ce sont les femmes qui en ont eu le plus marre de leur conjoint. Elles étaient près de 27.000 à réclamer le divorce en 2007. Soit près du double du nombre d’hommes (14.000). Autres chiffres : le nombre de divorces a atteint en 2006, 28.239 contre 29.668 en 2005. Ce sont autant de nouveaux célibataires qui viennent s’ajouter aux jeunes célibataires et aux célibataires endurcis. Le tout donne une proportion considérable parmi une population qui compte plus de 31 millions d’habitants dont 36% sont âgés entre 15 et 34 ans (selon une étude récente étude menée conjointement sur les jeunes au Maroc, par des chercheurs marocains, des départements ministériels et la Banque mondiale). Les 36% dont parle l’étude représentent 11 millions de personnes. Là dedans, il y a beaucoup de millions qui sont en âge de se marier, mais qui n’ont pas encore voulu, pu ou osé le faire. Pourquoi ? Les raisons sont multiples et des spécialistes nous en donnent un aperçu (lire les autres articles du dossier). L’essentiel est de savoir comment on peu sortir de cette situation de «crise». Et c’est là qu’interviennent les «marieurs» des temps modernes.

Il est bien lointain le temps où une simple «tyabba» pouvait faciliter un mariage en parlant dans l’intimité du hammam à l’une ou l’autre femme qui a une jeune fille ou un jeune homme à marier. Les jeunes d’aujourd’hui ne se marient plus selon les desiderata de la maman. Il est tout aussi lointain le temps où l’on ne vit que pour se marier. Il y a tellement de plaisirs à rechercher dans la vie moderne, que celui de se marier et de fonder une famille devient facultatif ou presque.
Malgré tout, les nouveaux « marieurs », qu’ils soient agences matrimoniales, ou plus fin encore, des «créateurs de rencontres entre célibataires» ou encore organisateurs de festival dédié à 100% au mariage, ne baissent pas les armes pour qu’il y ait de plus en plus de mariés au Maroc et donc de moins en moins de célibataires.

Source : Le Reporter

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