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Touria Chaoui

Issue d’une famille de la bourgeoisie marocaine, Touria est née le 14 décembre 1936 à Fès. Après des études primaires classiques, elle entama des études secondaires jusqu’au brevet.

Depuis son plus jeune âge, Touria avait la passion pour tout ce qui volait, sensible au moindre bruit d’un avion survolant la médina de Fès.

Cette passion va s’intensifier jusqu’à l’exigence de prendre des cours de pilotage. La seule école de pilotage était la base de Tit Mellil, dans la région de Casablanca. Le Maroc étant sous protectorat français à l’époque, il fut difficile d’inscrire une jeune fille marocaine à cette école, réservée à l’élite française vivant au Maroc. La chance de Touria fut d’avoir un père avant-gardiste à tout point de vue : Abdelwahed Chaoui, qui fut l’un des premiers journalistes marocains d’expression française (journal : Le courrier du Maroc, édité à Fès), mais le plus important c’est sa contribution à la promotion du théâtre marocain, car il en fut l’un des pionniers. (Du théâtre au Maroc : écrivain, metteur en scène, acteur.)

Le réalisateur français André Zwobada décide de tourner un film à Fès, La Septième Porte en 1948. Il offre à Abdelwahed Chaoui un rôle principal auprès de Georges Marchal et Maria Casarès ; Touria a également eu un rôle dans ce film, elle était alors âgée de treize ans. Il était évident qu’un tel environnement permettait à Touria de donner libre cours à sa vocation d’aviatrice.

En 1952, âgée de seize ans, Touria était consacrée première aviatrice marocaine. Elle était en réalité la première aviatrice du monde arabe. Elle a réussi, malgré les obstacles liés à sa condition de jeune marocaine, les épreuves de l’école de Tit Mellil.

Les journaux du monde entier ont relaté l’évènement. Touria reçut les félicitations de toutes les organisations féminines. Elle reçut entre autres une photo dédicacée de Jacqueline Auriol, pilote d’essai, et nièce du président Vincent Auriol.

Le roi Mohammed V du Maroc la reçoit au palais pour la féliciter, ainsi que les princesses lalla Aicha et lalla Malika.
Le 1er mars 1956, alors qu’elle n’avait que 19 ans, elle est assassinée devant le domicile familial. Le mobile de cet homicide n’a jamais été élucidé

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