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Souad El Tayeb

2025Souad El Tayeb: Première femme marocaine directrice de la radio Monte Carlo Doualiya

Ambitieuse, persévérante et fanatique, Souad El Tayeb a réussi à faire valoir ses compétences et s’imposer en tant que journaliste par son savoir-faire et son travail. Dernier succès en date, elle vient d’être nommée directrice de la radio Monte Carlo Doualiya devenant, de ce fait, la première femme marocaine à accéder à ce poste. Zoom sur une femme d’exception.
Le Maroc regorge de compétences dans tous les domaines et ce ne sont pas les femmes qui diront le contraire. Ces dernières ont réussi, à force de persévérance et de travail acharné, à mettre en valeur leurs capacités et à braver les obstacles.
Connues pour leur sérieux et leur qualité de travail, beaucoup de femmes marocaines réussissent à accéder à des postes de responsabilité en dehors des frontières. C’est le cas de Souad El Tayeb qui a récemment été nommée directrice de la radio «Monte Carlo Doualiya» et qui devient ainsi la première femme marocaine à occuper ce poste.
Forte d’une riche expérience, la Tangéroise s’est frayé un chemin dans les médias panarabes à travers le monde. Une carrière qu’elle n’avait pas planifiée. «Je suis et je reste journaliste; je ne me vois pas faire autre chose.

Les postes de responsabilité que j’ai pu occuper sont tous dans le domaine du journalisme. En tant que directrice de “Monte Carlo Doualiya”, mes responsabilités sont beaucoup plus larges, mais je suis de très prêt le travail des journalistes et des animateurs et je vis au rythme passionnant de la radio», affirme Souad El Tayeb, avec plus d’humilité. Et de poursuivre : «Je suis une professionnelle pas une carriériste, je n’ai jamais eu de plan de carrière. Par contre, je suis une bosseuse. Faire mon travail du mieux que je peux et donner au maximum est ma ligne de conduite, le travail bien fait est une valeur que je transmets à mes enfants, après la carrière est un bonus. On ne peut pas prendre sans donner». Une carrière cependant bien réussie pour cette épouse et maman de deux enfants qui depuis sa jeunesse, avait déjà une idée précise sur ce qu’elle voulait devenir. «Le journalisme est un métier qu’on ne peut pas faire sans avoir la passion et la vocation. Déjà toute petite, je savais que j’allais être journaliste ou écrivain.

C’est un métier où on ne s’ennuie pas, aucune journée ne ressemble à une autre et on apprend tous les jours», souligne-t-elle avec nostalgie.
Une vision précoce et une ambition qui l’ont amenée à suivre des études dans le journalisme et être diplômée de l’Ecole supérieure de journalisme de Paris et d’un Master en sociologie de Paris III Sorbonne Nouvelle. Par ailleurs, avant d’occuper son nouveau poste, Souad El Tayeb a entamé sa carrière dans la presse écrite pour le magazine panarabe «Addawliya» dans les années 90 puis elle a exercé les fonctions d’éditorialiste et rédactrice pour le magazine saoudien «Ashark». Vers la fin des années 90 et plus précisément en 1998, elle devient reporter, présentatrice productrice, puis directrice du service Moyen-Orient de l’agence Associated Press Television News. Entre temps, elle ne chôme pas puisque, parallèlement à ces activités, elle collabore de manière régulière à Voice of America de 1994 à 1998 et à Radio Sawa de 1998 à 2007. Elle a également été correspondante de la télévision du Bahreïn à Paris et a présenté un programme culturel sur la chaîne saoudienne Al Ikhbariya. «J’ai commencé dans la presse écrite en France. Cela s’est passé naturellement vers la fin des années quatre-vingt, période durant laquelle la presse arabe était beaucoup plus présente à Paris.

J’ai toujours travaillé pour la presse panarabe ; ensuite, j’ai fait de la radio», indique celle qui affirme avoir accepté son nouveau poste de directrice avec bonheur. «Je ne peux pas dire que j’aurais vécu cette aventure autrement si j’avais été un homme, c’est un travail qui demande beaucoup d’investissement personnel et beaucoup d’énergie qu’on soit homme ou femme.
Et en tant que journaliste, c’est l’aboutissement de plusieurs années de travail et tout ce que j’ai pu faire par le passé me sert aujourd’hui d’une façon ou d’une autre», précise-t-elle.

Malgré ses préoccupations et ses journées bien remplies à suivre le rythme de l’information et faire en sorte d’être au plus prêt de l’actualité, Souad El Tayeb est très préoccupée par la situation des femmes journalistes, que ce soit au Maroc ou dans le Moyen-Orient. «Malgré une percée indéniable des femmes dans tous les domaines, le chemin reste long dans les pays arabes, pour la femme en général et pour la journaliste en particulier, que ce soit au niveau de la liberté de la presse ou l’égalité des salaires et l’évolution des carrières.
Ce qui est encourageant, c’est que les journalistes arabes sont des battantes, elles avancent malgré les obstacles», lance-t-elle. Et de poursuivre : «Les guerres qu’a vécues la région ces vingt dernières années ont révélé une nouvelle génération de reporters de guerre femmes, ce qui était inimaginable avant. Les médias panarabes comme Al Jazeera ou la MBC ont contribué à cette évolution, les révolutions arabes ont aussi révélé toute une génération de femmes journalistes qui luttent pour changer leurs sociétés».

D’un autre côté, Souad El Tayeb pense que la femme journaliste marocaine n’a pas encore la place qu’elle mérite au niveau des postes de responsabilité, ou juste de la reconnaissance professionnelle. «J’ai appris récemment que seuls 26% des journalistes femmes avaient une carte de presse.
Cependant, il y a une réelle prise de conscience de la nécessité de faire évoluer cette situation, les journalistes elles-mêmes commencent à s’organiser en réseaux pour faire entendre leur voix. Je suis optimiste, car les choses bougent dans le bon sens», estime-t-elle. Avant de conclure : «Ce qui est sûr, c’est que la femme journaliste a un rôle à jouer et l’avenir est pour elle, il n’y a qu’à voir les chiffres des étudiantes qui s’inscrivent en écoles de journalisme au Maroc, et qui ont battu des records cette année».

Les Marocaines de France
Un grand nombre de femmes marocaines ont réussi à percer dans plusieurs secteurs et prouver au monde entier qu’elles sont aussi compétentes que les autres, voire plus, que ce soit au Maroc ou ailleurs. Et surtout à l’Hexagone. Toutefois, il est un domaine où les femmes marocaines vivant en France se sont fait connaitre pour leur sérieux et leur savoir-faire, il s’agit de la politique.
On peut citer deux exemples dans ce cadre : Rachida Dati et Najat Vallaud Belkacem. Deux femmes marocaines qui ont occupé les postes de porte-parole de candidats à la présidentielle française (Nicolas Sarkozy pour Rachida Dati et Ségolène Royal, ainsi que François Hollande pour Najat Vallaud Belkacem).
Des modèles pour un grand nombre de Marocaines qui prouve que le sérieux, la volonté, la persévérance et la compétence finissent toujours par payer.

Repères

  • Souad El Tayeb a entamé sa carrière dans la presse écrite pour le magazine panarabe «Addawliya» dans les années 90.
  • Elle collabore de manière régulière à Voice of America de 1994 à 1998 et à Radio Sawa de 1998 à 2007.
  • Elle a également été correspondante de la télévision du Bahreïn à Paris et a présenté un programme culturel sur la chaîne saoudienne Al Ikhbariya.

Source: Le Matin

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