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« Si en Langue, l’erreur est au féminin, au Maroc, le féminin politique ne s’apprête point à l’erreur. »

Si l’on repasse en vue, le nombre incalculable de bourdes linguistiques, comportementales, éthiques , sexistes, racistes que les politiciens masculins marocains ont commis au vu et au su d’un public condescendant, et indulgent, on risquerait fortement de nous perdre dans le vertige des chiffres.

Ceci étant, les femmes en politiques ne bénéficient d’aucune forme de merci, ni de grâce, de la part de toute une population machiste qui semble les attendre de pied ferme au détour, les mains jointes prêtes à applaudir l’imminence d’une chute , voulue , attendue, dans certains cas…provoquée.
Un fanatisme sexiste qui ne trouve son explication que dans la mesure où l’on condamne sous cap, la participation active de la femme sur la scène politique, à quelques exceptions près.
Sa présence … dérange.
Son enthousiasme …intrigue
Sa flamme…aveugle

La scène étant l’amplificateur des réalités sociales , le feu des projecteurs étant le fluorescent d’une intolérance , d’un malaise quant à la mise en avant de compétences incontestables, qui sortent du cadre des arts culinaires , de la décoration d’intérieur et des galipettes nuptiales.

Quant M. Benkirane, ex-chef du gouvernement avait traité les femmes de « lustres », objet servant à illuminer la pénombre,
Quand le journaliste Mohamed Benbachir traita les femmes de vaches aisément remplaçables du fait que le lait ne manque pas aux supermarchés.
Quand un animateur radio misogyne somme à une participante de ne point se mêler du football, en lui proposant au passage d’aller regarder une émission d’art culinaire.

De faibles voix se sont élevées pour contester les dites maladresses, sans impact et sans grande conviction. Les protagonistes recevront une petite tape sur les mains , et on n’en reparlera plus.

On ne verra nullement d’affiches caricaturales condamnant des erreurs difficilement pardonnables,
On ne créera aucunement de pages spéciales dédiées à une quelconque forme de blâme ;
On ne demandera pas à quiconque de boycotter qui que ce soit ;
On ne donnera jamais de surnoms qui accompagneront le cursus des personnes publiques masculines, dans une forme de rappel commémoratif et constant .

Paradoxalement , les émancipées politiques se trouveront épiées,
Leurs erreurs seront soulignées
Leurs compétences révoquées
Leur patriotisme suspecté
Leur savoir-faire vivement interrogé.
Leur intégrité fortement controversée.

L’intolérance quant à la réussite des femmes marocaines traduit une haine sous-jacente qui éclate démesurément à la moindre friction , au moindre émoi, mais surtout , dans le but de contrer la moindre expression de créativité , de leadership, d’épanouissement , de liberté …jugés inadéquats, débordants, dangereux et fatals.

Les chevalières des temps modernes continuent contre vents et marées , à militer chacune dans son parti, dans son domaine d’activité, afin de démontrer chaque jour que Dieu fait, qu’elles occupent des places qu’elles ont gagné, qu’elles gardent encore par leur compétence et le fruit de leur labeur, ne s’attendant ni à être épargnée, ni à être chouchoutée.
Femmes actuelles , actives, fières , dignes , elles constituent des points de repère pour des fillettes en herbe, de jeunes femmes en début de carrière. Elles avancent , tête haute , épaules droites, regard déterminé et force inépuisable , conscientes des dangers et des péripéties, gardant en tête que leur réussite n’est nullement un choix, mais une urgence…une fatalité

Par : Loubna El Joud

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