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Rahma Benhamou El madani

Rahma Benhamou EL-MADANI
Rahma Benhamou EL-MADANI

– Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter SVP ?
Bonjour Rahma Benhamou El madani, je suis cinéaste je vis à Paris. Mes parents sont marocains et moi j’ai cette particularité d’être née en Algérie et d’avoir grandi en France.

– Comment est née cette passion pour le cinéma
Pour résumer et mon amour pour le cinéma et la particularité de ce métier quand j’étais petite fille et qu’on me demandait ce que je voulais faire plus grande, je me disais « jamais je ne ferai du cinéma ! ». Drôle de réponse de petite fille dont je me souviens encore aujourd’hui comme une prémonition. Le cinéma me semblait être du haut de mes petites années et de ma campagne française un monde que je ne connaîtrai jamais.


– Racontez nous un peu votre parcours 

Mon parcours de Cinéaste a commencé à Lille réellement et est le fruit en même temps du hasard et en même temps d’un cheminement. Je regroupais dans cette expression l’écriture, la musique, le fait d’aller vers l’inconnu et la réflexion. Ce qui m’a plongé d’abord dans ce domaine est une rencontre avec la région du Nord de la France, puis la découverte de la Belgique et d’amis qui étaient dans ce domaine. Le hasard a bien fait les choses.
Le cinéma est entré dans ma vie en 1995.
J’ai réalisé aujourd’hui de nombreux films documentaires et des courts métrages fiction. J’aime le documentaire et ce que j’ai découvert en partant à la rencontre des autres me fait encore réfléchir aujourd’hui. Je peux dans ma direction d’acteur avoir recours à ce que j’ai découvert chez l’autre et je pense que ça m’a nourri énormément : des départs, des voyages vers l’autre et des situations parfois extrêmes parfois délicates et souvent bien différentes de ce qu’on avait mis sur le papier.


– Quels sont vos projets ?

Je viens de finir l’écriture d’un long métrage fiction « La chute de Lanchun » on est entré en production et j’espère que le financement suivra. J’ai actuellement des comédiens nous répétons les scènes. Je travaille avec des comédiens chinois qui vivent tous à Paris et qui maîtrisent le français, sauf mon comédien principal avec qui j’avance à petits pas à cause du barrage de la langue. Nous y allons doucement mais sûrement.
Nous avons d’ailleurs tourné un court-métrage, un extrait du long-métrage en préparation. Ce petit film s’appelle « Belly Dance » dure  7 minutes et je compte l’inscrire dans des festivals pour promouvoir le long métrage. J’ai eu à diriger Moussa Maaskri qui a un rôle important également dans ce court métrage et dans le futur long. Je pense que sa présence a stimulé tout le monde.
La Chute de Lanchun se passe à Belleville dans mon quartier mais aussi en Chine du Nord et à Casablanca. L’histoire se passe entre maghrébins et chinois mais ce n’est pas un film comique, comme on a l’habitude de voir dans le cinéma français de plus en plus quand il s’agit de ces deux communautés réunies. C’est un film d’action féminin on va dire.
Le comédien Abel Jafri est parmi nous aussi dans ce projet et le soutient comme tous les comédiens qui s’intègrent dans mon film. Avec Yubai Zhang, une jeune comédienne originaire de Shangaï nous parlons beaucoup de son personnage depuis plus d’un an. Longman Wang m’aide à constituer mon casting tout en étant un personnage important dans cette histoire. Il y a aussi le jeune Qin Wei qui lui même s’il s’exprime mal en français me comprend et saisit mes intentions d’une façon très sensible. Quant à l’actrice principale j’ai mis du temps à la trouver, car dans cette histoire il y a plusieurs personnages principaux mais il y en a une qui joue le rôle dont on raconte le drame. Il s’agit de Yuxia Gao, qui a joué notamment dans le Palaquin des larmes.
Je suis donc pour le moment heureuse de ma rencontre avec ces comédiens doués et qui m’ont fait confiance déjà dans le petit travail réalisé « Belly Dance » et puis dans notre travail de répétition qui avance.
Ma rencontre avec Sofia Aghilas de Gumus Production s’est faite grâce aussi à un comédien Omar Boussik qui joue aussi un personnage secondaire important. Sofia est une jeune productrice marocaine basée à Casablanca, elle m’a mise en contact avec des comédiens marocains et compte bien intégrer mon équipe dans la phase française et chinoise en tant que productrice déléguée et exécutive.
Mon ami Kevin Hamon avec qui j’ai coproduit mon dernier film Tagnawittude est à mes côtés encore une fois. Nous nous connaissons bien avec Kevin, cela fait bien 10 ans que nous évoluons dans le cinéma chacun à sa façon et que nous nous respectons. Il m’a énormément aidé pour Tagnawittude dans la phase de la post production. Aujourd’hui il m’accompagne dans cette nouvelle aventure.
Ce projet est déposé à l’avance sur recette au CNC en France et nous attendons avec impatiente le résultat. Il est difficile de faire un film sans les aides du CNC et nous espérons l’appuie du CCM.
Vous l’aurez compris nous sommes en pleine production, plein d’espoir d’énergie et d’attentes.
Ce film raconte le parcours d’une femme qui a 50 ans qui est maman, qui se retrouve au chômage chez elle, dans le nord de la Chine parce que les usines de textiles étatiques ferment. Elle va tenter l’exil comme d’autres migrantes dans le monde entier. Elle espère un mieux vivre ailleurs et sera l’objet de toutes les tentations parce que femme, parce que seule, parce qu’égarée.
Une femme qui part ainsi est forcément en danger. Elle sait que le dernier recours qu’il lui reste c’est le mariage avec un français, elle trouvera dans sa rencontre avec Mohamed un peu d’amour.


– Quel est votre conseil pour les femmes qui veulent réussir ?

Mon film parle de femmes migrantes. Je raconte la femme chinoise parce que je vis dans un quartier principalement habité par des chinois et que mon quartier m’inspire. C’est mon troisième film dans ce lieu. Je parle de la femme chinoise car elle passe pour être une femme soumise donc je réfléchis à ce qu’elle peut vivre, à ce qu’elle peut signifier dans mes expériences de vie en tant que femme. Bien sûr j’ai grandi en France, je suis venue dans ce pays très petite, je n’ai jamais eu à subir en tant que maghrébine des choix comme ceux que fait mon personnage dans cette histoire. J’ai eu une vie choisie par ma famille d’abord, une éducation très culturellement marquée par mes deux pays l’Algérie et le Maroc. La femme chez nous a une place différente de l’homme évidemment, et j’ai eu à comprendre très tôt les différences. J’ai choisi une vie qui n’a rien de classique et cinéaste est tout de même un métier masculin à la base.
Je pense à ces femmes qui font commerce de leur corps, à ces femmes qui partent loin de chez elles et qui s’exposent aux dangers.
Une femme sans instruction qui veut réussir sa vie il me semble que c’est difficile.
Je pense à toutes ces femmes qui exercent un travail pénible notamment au Maroc et évidemment que ça me touche. Voilà mon regard sur la réussite.
Evidemment exercer un métier qui  fait évoluer la femme dans la société tout en étant respectée est ce que je souhaite à toute femme.


– Que pensez-vous de la situation de la femme au Maroc ?

La femme marocaine est aujourd’hui très forte de toute une évolution au Maroc. Elle est très présente et ses droits sont mieux respectés. Je pense pourtant aux femmes qui sont sans instruction, qui sont dans les campagnes et qui ne vivent pas cette évolution.


– Votre avis sur lamarocaine.com ?

Et bien c’est bien qu’un homme ait eu l’idée de créer un site pour parler des femmes marocaines et de ce qui l’entoure. C’est ça  l’évolution.


– Dernier mot 

merci et à bientôt au Maroc

 

Interview réalisé par : Aziz HARCHA
Le 04/03/2013

 

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