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Plantes: L’autre facette du traitement médicinal

Les Marocains ont toujours eu recours aux plantes médicinales pour se soigner. Considérées comme des produits de santé, ces plantes sont sollicitées comme pharmacie de base par les personnes qui ne peuvent pas supporter les frais de la médecine conventionnelle.
À condition que l’usage de cette «pharmacopée traditionnelle», également appelée médecine douce, soit rationnel.
La vigilance est donc de mise afin d’éviter bon nombre d’effets indésirables, dont l’insuffisance rénale aigüe, le fléau sournois du 21e siècle.

Verveines, romarins, roses, coriandres, menthe pouliot, bardane, cannelle, cèdre… Les plantes aromatiques et médicinales poussent partout au Maroc. Le pays est même considéré comme un fournisseur exclusif de plusieurs huiles essentielles notamment l’armoise, la camomille sauvage et la tanaisie annuelle. Quelques plantes s’avèrent même plus efficaces que les antibiotiques si elles sont utilisées rationnellement. Or, les herboristes les utilisent en bloc, souvent sans analyser leur composition. Et au vu de leur situation économique difficile, plusieurs malades ont choisi de recourir à ces médecines dites douces, telle la phytothérapie. Il est vrai que les Marocains, à travers leur histoire, se sont toujours soignés par les plantes médicinales, mais cette tendance a pris de l’ampleur aujourd’hui. D’une part, ils continuent à utiliser les plantes appartenant à la pharmacopée traditionnelle et d’autre part, ils s’intéressent de plus en plus aux spécialités à base de plantes. Les médias tirent profit de cet engouement.

Surtout les chaînes radiophoniques nationales à l’instar des chaînes de télévisions satellitaires de certains pays d’Orient. «Cet engouement pour la phytothérapie suscite l’intérêt des médias et plus particulièrement les chaînes radiophoniques nationales», explique Abderrahim Derraji, docteur en pharmacie, qui ne se prive pas d’ajouter : «Celles-ci ont intégré dans leurs grilles de programmes des émissions où des phytothérapeutes se relayent pour vanter les mérites des plantes médicinales. Ces émissions jouissent d’un bon audimat ce qui fait d’elles des outils de choix pour lancer des campagnes de sensibilisation aux usagers des médecines douces». Malheureusement, selon ce membre du bureau de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, certaines émissions peuvent induire le contraire de l’effet escompté. En effet, certains «spécialistes en phytothérapie» n’hésitent pas à faire des consultations en direct et à conseiller des recettes à base de plantes. Certains «vont plus loin encore puisqu’ils n’hésitent pas à conseiller aux auditeurs de stopper leurs thérapies avec tout le risque que cela comporte. La plupart des patients ont malheureusement une confiance aveugle en tous ces produits qu’ils considèrent à tort comme étant inoffensifs», ajoute-t-il. L’hépato-toxicité et la néphato-toxicité connues de certaines plantes ne semblent guère inquiéter ces malades qui se ruent sur des mélanges de plantes dont ils ne connaissent ni la composition ni la provenance et encore moins leurs conditions de conservation.

Pourtant, estime Abderrahim Derraji, l’imputabilité des plantes dans certaines intoxications ne laisse aucun doute. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Des milliers de cas d’intoxications sont constatés annuellement à travers le monde. «Cela devra nous inciter à redoubler de vigilance vis-à-vis de l’utilisation de ces plantes», ajoute-t-il. Et de conclure : «C’est au conseil de l’Ordre des médecins d’intervenir conformément à ses prérogatives pour protéger les malades des égarements de certains “soi-disant” thérapeutes. Dans le cas contraire, ces derniers continueront à profiter amplement de l’ignorance et la confiance de leurs auditeurs, mais aussi du laxisme de certains médias pour débiter des insanités et des contrevérités dont les conséquences s’avèrent parfois dramatiques».

Le fléau sournois du 21e siècle

«C’est le fléau sournois du 21e siècle». C’est ainsi qu’Amal Bouquia, présidente fondatrice de «Reins», l’association marocaine de lutte contre les maladies rénales, définit l’insuffisance rénale aigüe. Au Maroc, les statistiques ne désignent pas autre chose. Tenez-vous bien : 10 000 personnes souffrent d’insuffisance rénale au stade terminal, traitées par dialyse et des milliers d’autres en sont atteintes, mais à un stade moins avancé. Cependant, on n’accorde que peu d’importance à cette maladie chronique grave, silencieuse et encore mal connue. «Elle est mal prise en compte notamment dans la formation clinique dans les programmes de formation et négligée dans la sensibilisation du public et des programmes de recherche», explique Amal Bouquia, lors d’une conférence de presse qu’a organisée «Reins», le 12 mars courant à Casablanca, à l’occasion de la Journée mondiale de rein. Cette négligence génère le risque d’un diagnostic tardif, la mauvaise gestion et la longueur accrue de séjour à l’hôpital. Ce qui contribue à l’escalade des coûts des soins de santé. D’où la nécessité d’une grande prise de conscience de l’insuffisance rénale aigüe au sein de la profession de médecin et de la santé en général. Et «il existe également d’importantes opportunités pour la prévention surtout pour une attention particulière à la gestion des médicaments prescrits chez les personnes âgées», souligne cette professeure engagée qui fait de la lutte contre les maladies rénales son cheval de bataille. Dans ce sens, elle vient de publier un nouvel ouvrage intitulé «99 réponses à la maladie rénale», édité chez Prestige diffusion. Pierre d’édifice, cette nouvelle publication est, pour Amal Bourquia, «une action de communication ciblée sur les maladies rénales». Objectif : informer, de manière simple, la population sur le rôle important des reins, les maladies qui peuvent les atteindre et comment les protéger.

Sources: Le Matin

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