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Mariage. Saison ouverte

Nombreux sont les jeunes de la “haute” qui cèdent à l’appel du gigantisme pour organiser leurs épousailles. À chaque fête, pourtant, son atmosphère…

En cette période estivale, les villas cossues de Casablanca et Rabat s’animent, le temps d’un week-end, aux sons de la house la plus endiablée ou du chaâbi le plus langoureux. Qu’on se le dise, la saison des amours a bel et bien commencé, celle des mariages aussi. Cette année, ramadan en septembre oblige, les adeptes de mondanités
familiales se préparent à un été plus que chargé. Mot d’ordre : écumer les mariages de la “haute” et, surtout, faire le tri entre les fêtes à éviter et les soirées où il faut être vu. Bien sûr, tout le monde n’est pas passionné de mondanités : il y a les autres, tous les cousins au troisième degré qu’on invite sans trop savoir pourquoi, et toutes ces connaissances qui n’aspiraient peut-être qu’à un week-end tranquille. Les spécialistes ès mariages vous le diront : il y a les fêtes dont on se souvient, où l’alchimie opère, et il y a celles où l’étincelle ne prend pas. Ces soirées où les invités se regardent en chiens de faïence. “La semaine dernière, j’étais à un mariage où le taux de couverture était beaucoup trop élevé pour moi. Je suis partie au bout d’une demi-heure, histoire de faire acte de présence”, s’amuse une invitée en caftan vert. Le “taux de couverture” ? Une expression codée pour indiquer la proportion de femmes voilées. Car dans une certaine société casablancaise ou rbatie, la règle veut que “plus le taux de couverture est bas, plus le mariage est réussi”. Certains vont plus loin : “S’il n’y a pas d’alcool, je ne viens pas”. En effet, depuis quelques années, la mode semble être aux mariages bien arrosés, dans une sorte de cocktail explosif entre les youyous des neggafate et le brandy des gentlemen en costard-cravate. Le risque, c’est souvent que jeunes et moins jeunes désertent la piste de danse pour s’agglutiner autour du petit bar au fond du jardin, en oubliant même les mariés…

“Bienvenue au club”
“Ce qui m’a frappé lors de mon premier mariage marocain, c’est que ce sont les femmes qui semblent porter les traditions. Cela se remarque même dans les costumes : caftan traditionnel pour les femmes, mode occidentale pour les hommes”, s’étonne un invité suisse, pourtant fin connaisseur du royaume. Vu de chez nous, cependant, rien que du très normal : les femmes auraient une prédisposition à l’organisation des noces. Les mères se dévouent corps et âme, les tantes se démènent, et les grand-mères gardent un œil vigilant (“De notre temps, ça ne se passait pas comme ça”)… Quant aux pères, ils savourent sereinement leur bonheur.

Et les mariés dans tout ça ? “Invités” vedettes, tous n’ont d’yeux que pour eux, quelques petites phrases en prime : “Bienvenue au club. Tu verras, avec le mariage, le regard des gens change. Socialement, tu bascules !”, confie cet ami quelques mois après avoir convolé en justes noces. En attendant, le marié est tout à la fête : “Que je t’aime, que je t’aime”, s’égosille-t-il dans une laborieuse reprise de la célèbre chanson de Johnny. Et tout le monde sourit de ce bonheur presque naïf. Moulay Soltane et Lalla Laârossa ont des étoiles dans les yeux. Prince et princesse d’une lune, d’un an ou d’une vie. Mais la nuit est encore longue. Les youyous s’éteignent en même temps que s’éloigne le cortège des voitures. Les klaxons meurent au loin. La route jusqu’à la chambre nuptiale est jonchée de pétales. Draps de soie et senteurs de lys, eau de rose et gomme arabique et, surtout, une pleine poignée de jasmin. La nuit est encore longue…

Le temps d’une soirée, on oublie l’ardoise toujours très salée. Mais une fois les papiers-cadeau défaits, une fois la fête consommée, l’addition vous rattrape. On se dit alors que le bonheur n’a pas de prix. Et on se repasse le film, en famille. Même si ce n’est pas exactement Scorsese qui tenait la caméra. Happy end.

Source: Telquel

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