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La violence conjugale affecte les hommes aussi

Le Réseau marocain pour la défense des droits des hommes a enregistré des milliers de plaintes d’hommes victimes de violence depuis sa création en 2008.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les femmes ne sont pas les uniques victimes de la violence. Derrière leur image de sexe faible, certaines cachent un réel penchant pour l’agressivité et leurs maris en font souvent les frais.

Pour les femmes, tous les moyens sont bons pour agresser leurs maris. Elles recourent à toutes sortes d’objets pour agresser leurs conjoints : ustensiles de cuisine, couteau, bâton… sans compter les coups de poing, les gifles, les coups de griffes et les morsures…

Encore tabou dans une société dite «machiste», les hommes victimes de violence conjugale sont de plus en plus nombreux, même si beaucoup d’entre eux hésitent encore à aborder le sujet. Touché directement dans leur virilité et leur image au sein de la société, un grand nombre se contente de subir la colère de leurs épouses en tentant, tant bien que mal, de sauvegarder les apparences et cacher leurs faiblesses.
«A la moindre petite dispute entre nous, ma femme m’agresse physiquement. C’est très humiliant et je ne sais pas comment faire pour mettre fin à cette situation, surtout que je n’ose en parler à personne. Par contre, elle n’hésite pas à le crier sur les toits et lorsque je lui en parle, elle se remet à hurler et même me battre à l’aide d’instruments ménagers comme les couteaux de cuisine, les pilons ou les poêles», confie Issam, le visage caché sous de grandes lunettes noires.

Toutefois, il est important de signaler que la violence physique n’est pas le type de violence le plus important. Selon le Réseau marocain pour la défense des droits des hommes, la violence physique ne représente que de 10 à 20% des plaintes enregistrées. «Nous avons enregistré 8 000 cas de violence à l’égard des hommes et la violence physique est loin d’être la plus dénoncée. De plus, dans la plupart des cas, ce type d’agressions est mené avec l’aide des familles des épouses et celle des voisines. Cependant, il ne faut pas diaboliser la femme pour autant, parce que la violence qu’elle apporte peut être une réponse à la violence qu’elle a subie», affirme Abdelfattah Bahjaji, président du Réseau marocain pour la défense des droits des hommes, qui souligne que la violence peut prendre plusieurs formes : judiciaire, psychologique et financière qui est beaucoup plus répandue. «Nous avons reçu plusieurs hommes qui ont subi de la violence outre que physique.

Des hommes à qui on a interdit de voir leurs enfants, ou des hommes insultés et humiliés des fois en public», indique Bahjaji. Et de poursuivre : «Nous avons également le cas d’un homme agressé par son épouse en raison du mouton de l’aïd, et d’un autre qui a été violenté à cause du choix de l’école pour les enfants ou celui de la couleur des rideaux de la chambre. Il faut dire que les situations qui engendrent la violence sont diverses et parfois presque absurdes». Cette agressivité est liée, selon le Réseau, en grande partie à un bouleversement des valeurs sociales, ainsi qu’à la conjoncture économique difficile. «Nous vivons un grand bouleversement dans notre système social, où l’homme est nostalgique de la vie que menaient ses parents et la femme lutte pour l’égalité et la parité. Cette situation engendre automatiquement des couples fondés sur des bases pas très solides», explique Bahjaji, qui précise que les hommes victimes de violence sont issus de toutes les catégories socioprofessionnelles. «Nous avons accueilli des professeurs universitaires, des chefs d’entreprises, des hommes d’affaires, des médecins, des cadres, des ouvriers, des analphabètes…», ajoute-t-il.

Par ailleurs, la violence peut avoir des impacts psychologiques importants sur la victime. «Les hommes comme les femmes peuvent garder des séquelles importantes suite à une violence. Les victimes nécessitent généralement un suivi médical pour les aider à reprendre confiance en elles. Mais les plus touchés dans ce genre de situations, ce sont les enfants du couple», souligne le président du Réseau.
Ce dernier estime qu’il est temps d’agir contre le phénomène de la violence de manière générale. «Le Conseil consultatif de la famille et de l’enfance devra revenir sur l’ensemble des dysfonctionnements familiaux enregistrés dans le pays afin de remédier à ce qui provoque ces violences, mais aussi la société civile doit collaborer pour trouver des solutions et je pense que la communication est la meilleure issue», conclut Behjaji.

Quand la famille s’en mêle
La violence physique est d’autant plu difficile à supporter par les hommes quand ceux-ci se retrouvent victimes de leurs belles-mères. Certaines n’hésitent pas à porter des coups à leur gendre. «Après le décès de ma femme, les choses se sont compliquées avec sa famille. Un jour, ma belle-mère et mes belles-sœurs se sont incrustées chez moi et ont tenté de m’agresser. Je me suis défendu contre ma belle-sœur, mais contre ma belle-mère, je n’ai rien pu faire. Il est difficile de se résoudre à porter des coups à une femme qui a l’âge de ma mère», raconte Mostafa. Ahmed a également vécu la même situation. «Je me suis disputée avec ma femme alors que sa mère était invitée chez nous et apparemment cela ne lui a pas beaucoup plu, alors elle m’a giflé. Je n’ai pas pu réagir vu son âge, mais j’ai divorcé de sa fille. Je ne pouvais pas permettre que cela se reproduise», lance-t-il.

Repères
La violence peut s’exercer de différentes façons :
Violences physiques :
coups, blessures,…
Violences psychologiques : chantage, insultes, humiliation, menaces,…
Violence judiciaire : privation des enfants, pension alimentaire trop élevée,…
Violence financière : confiscation de revenu, de biens immobiliers, de véhicule,…

Source: Le Matin

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