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«Le dysfonction érectile : Un problème de santé public»

De nombreux journalistes ont assisté hier, mardi 16 septembre 2014, à la conférence-débat organisée à Casablanca par l’Association Marocaine d’Endo-Urologie.

Cette rencontre a eu pour objectif de présenter l’étude «Prévalence de la Dysfonction Erectile chez l’homme : Enquête auprès des Partenaires Femmes» réalisée par le département urologie du CHU Ibn Rochd. Cette enquête inédite est la première étude scientifique marocaine à déterminer la prévalence de la DE en donnant la parole à la partenaire.

Cette étude a été présentée par le Pr. Redouane Rabii, Urologue, Président de l’Association Marocaine d’Endo-Urologie qui a exposé le contexte ainsi que l’intérêt de cette étude, ses résultats et principaux constats. (Eléments détaillés dans le dossier de presse). «La DE est un problème qui concerne aussi bien l’homme que sa conjointe. Ils sont deux à souffrir au quotidien» a expliqué Pr. Rabii. Cette enquête a permis de dévoiler le vécu de la femme face à ce trouble, le taux desatisfaction sexuelle chez les femmes et les attitudes adoptées par ces dernières face à la DE de leurs partenaires. Sur un total de 202 femmes interrogées, 45.05% des partenaires ont présenté un dysfonctionnement érectile tout stage confondu, dont 13% qui ont présentés une DE sévère.

L’enquête a démontré que les variables socio-économiques (telles que le niveau d’instruction et la situation professionnelle par exemple) peuvent-être en lien étroit avec la dysfonction érectiles. (Voir les résultats complets de l’étude dans le dossier de presse). Trois autres spécialistes ont apporté leur éclairage et ont passé en revue, chacun dans leur domaine d’expertise, les différents aspects de la DE. Chacun des intervenants a enrichi, de par son opinion, la discussion sur les différents aspects sociétaux, éducatifs et médicaux du dysfonctionnement érectile. Plusieurs commentaires ont conduit à la conclusion de la nécessité de la médication pour le traitement de la DE. «La baisse des prix des médicaments initiée par le Ministère de la Santé s’applique aussi sur les traitements de la DE, avec certains traitements qui ont vu leur prix baisser jusqu’à 50%.» a expliqué le Pr. Rabii. Dans son intervention, le Pr. Rachid Aboutaieb, Urologue, a défini les différents facteurs médicaux, médicamenteux, psychologiques et toxiques qui sont derrière la pathologie. Il a aussi éclairé les présents sur comment la DE peut-être, elle-même, révélatrice d’une maladie cardiovasculaire plus grave et plus dangereuse, rappelant ainsi l’importance de consulter un professionnel de la santé.La parole a ensuite été donnée au Pr. Nadia Meziane, Gynécologue, qui a expliqué de par son expérience, comment le problème d’infertilité au sein du couple peut-être révélateur de la DE.
Enfin, le Pr. Khadija Alami Mchiche, Sexologue et Psychiatre a, quant à elle, parlé de l’impact négatif de la DE sur la vie conjugale. «La partenaire subit les modifications d’humeur de l’homme qui sont généralement liées à des sentiments de honte, de frustration, de culpabilité voire d’hostilité. «L’angoisse de performance et la crainte de l’échec sont à l’origine d’une conduite d’évitement et de perte de moments d’intimité, de complicité et de tendresse au niveau du couple.» a relaté Pr. Alami.
Elle a enfin insisté sur l’importance de briser le tabou, appelant à la communication entre les partenaires tout en reconnaissant le rôle de la femme dans l’accompagnement et le soutien du patient face aux difficultés de la DE.

A la fin des présentations des spécialistes, le débat a été ouvert avec la presse. Au terme de cette rencontre, de par l’éclairage de chacun des intervenants, des recommandations ont été partagées afin de sensibiliser l’opinion publique sur l’importance du recours à la consultation et de privilégier la communication quotidienne et effective au sein du couple. Parmi les recommandations des quatre spécialistes, l’incitation à la sensibilisation de l’opinion publique afin que la DE, qualifiée par le panel de «Problème de santé public» puisse bénéficier de l’intérêt qu’elle mérite.
Enfin, le panel a lancé un appel à multiplier les recherches et études scientifiques pluridisciplinaires et collaboratives entre médecins spécialistes pour pallier à la pathologie.

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