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Fatima Ezzahra El Jaouhari

Fatima Ezzahra El Jaouhari : Les yeux du réalisateur ont brillé quand j’ai joué le rôle de KAMAR la première fois

1. Une petite présentation de vous Faty.

Je suis une jeune femme marocaine, née a Casablanca plus précisément au Hay Mohammadi, a commencé son éducation à la mission pour la finir en publique, une jeune téméraire qui aime l’art depuis son jeune âge, qui a milité pour la culture dans son pays, une des enfants du boulevard (merci Hicham & Momo ) qui a eu son bac scientifique en poche a quitté son pays pour finir ses études, le rêve était de faire du cinéma et réaliser mais je n’ai jamais osé le dire à mon père, du coup je me suis retrouvée a faire des études de psychologie (pour devenir profiler ) mais mon papa l’a découvert et j’ai switcher vers la communication information mais tout en faisant du théâtre universitaire en parallèle comme exutoire et rentrer chez moi pour braver ma famille et faire de son exutoire son métier. Elle est brave et pleine d’espoir, une salle gosse qui ne fait rien comme on lui dit, elle suit ses tripes et trace son chemin. Plus il est difficile plus elle aime.

2. Parlez nous de l’expérience  » 1001 NUITS « .

C’est difficile de jouer un rôle qui est écrit spécialement pour soi. Anouar Moatassim a créé Kamar pour moi. Il a vu en moi cette capacité a joué un caractère aussi lourd et négatif.
Ce n’est pas facile d’incarner ce genre de rôle et surtout dans ce genre de cas de figure. Quand un auteur crée un caractère spécialement pour l’acteur c’est un grand honneur, pour moi c’est une lourde responsabilité aussi, non seulement il fallait que je m’accapare le rôle entièrement mais me surpasser pour surprendre Anouar.
J’aime les personnages que j’incarne, je les ai toutes aimé sans exception, et disant celle qui m’a été un peu difficile a aimé c’est Kamar. Elle ne me ressemble en rien si ce n’est un trait de caractère, du coup il m’a fallu faire un vrai travail de recherche pour lui créer une personnalité que je puisse l’enfiler, plus le défi que je me suis posé qu’est de surprendre et Anouar Moatassim et Meriam Drissi en premier et de changer l’idée pré conçu du caractère négatif chez les marocains.
Ce n’était pas gagné d’avance.
Kamar est égocentrique, narcissique, mystérieuse, intelligente, sournoise, arriviste, manipulatrice, avide de pouvoir, fine stratège bref elle est altière. L’antagoniste par excellence ! Vous avez compris elle est LA MÉCHANTE, mais pas que, elle est une femme, belle, pulpeuse, coquette, féminine, sophistiquée et elle en joue. Il m’a fallu prendre tout ceci et le mixer avec mon jeu, a savoir beaucoup de retenue et de pudeur, pas d’excès ni de sur jeu.
La vérité c’est un procédé qui m’est venu naturellement, sa manière de parler et de bouger, ou l’art de parler en vers avec un accent fassi peu prononcé m’ont paru logique est plus qu’important pour compléter ma Kamar.
Je me rappellerai toujours de la première fois ou j’allais la jouer, à la fin de la séquence, j’avais l’équipe technique qui a gardé un silence (c’est mon premier publique d’ailleurs) lourd, et les yeux d’Anouar Moatassim briller, c’est a ce moment là que j’ai su qu’elle est bel est bien là et qu’elle est crédible
Le tournage fut fatiguant et dur mentalement et physiquement, mais constructif. Fut 10 longues semaines de dur labeur, et qui dit long tournage et série dit concentration. Il fallait un mental d’acier et faire preuve de beaucoup de rigueur et de discipline pour rester concentrer, surtout pour jouer un rôle principal qui se développe au fur et a mesure des 30 épisodes avec tout ce qu’imposait un rôle de la taille de Kamar , on travaillait par bloc, donc par décors, du coup je jouais dans la même journée une scène du 4 épisode et une autre du 26 ème juste après. Mis a part le changement de costumes et de coiffures et de maquillage il fallait surtout suivre et respecter la continuité de son personnage et son évolution.
D’ailleurs j’en profite pour remercier notre scénariste Meriam Drissi et notre script Fatiha Allam qui ont été pour moi d’une grande aide sur ce sujet.
Travailler avec Anouar Moatassim est un plaisir ( rire je suis maso ) il est perfectionniste et méticuleux, toujours à la recherche de la perfection, donc il est exigent et c’est ce que j’aime . Quand il est derrière sa caméra, je suis en totale confiance et je me concentre plus sur mon jeu tellement, que je m’oublie des fois mais il a toujours été là pour me cadrer. On a une relation assez spéciale, on se connaît tellement qu’un regard suffit des fois pour savoir si ça lui convient ou pas, et des fois pas du tout (rire).
Je ne le remercierai jamais assez pour ce cadeau qu’est Kamar ni d’avoir rassemblé cette brochette magnifique d’acteurs confirmés et de nouveaux talents, de nous avoir réuni tous sur ce projet en nous fournissant cette équipe technique plus que professionnelle. On passait des heures sur le plateau, qu’il vente ou sous une chaleur insupportable nous étions tous unis pour finir notre journée de travail. Il m’a offert un plateau digne des grandes productions avec le budget en moins (rire). Enfin je remercie Anouar Moatassim d’être ce qu’il est ! Merci monsieur de m’avoir permis de me surpasser, de gagner en confiance et de m’améliorer, je te dois beaucoup.

3. En parlant de la série « 1001 NUITS », il y a une productrice qui suppose que l’idée de la série appartient à elle et non pas à Anouar Moatassim, le réalisateur de la série, que direz-vous a propos de cela ?

Sérieusement ? Je me suis longtemps tue sur ce sujet ! Elle a produit un pilote, crée et réalisé par Anouar Moatassim, en janvier 2013, Quand je dis « elle a produit » c’est payer l’essence pour le trajet, l’hôtel et le catering… Ni le réalisateur, ni les techniciens, ni nous les comédiens n’ont été payés… Aucun de nous n’a même reçu de Contrat…Anouar Moatassim, avec qui je venais de finir son premier long métrage A l’aube un 19 février m’appelle et me dit j’ai écrit un rôle pour toi et ce déjà en 2012 soit bien avant la création de la société de GUMUS Production. Bref, ma confiance et ma foi en mon réalisateur en main je rentre au Maroc pour tourner son pilote. A ma grande surprise arrivée sur place, je me retrouve a mendier mon contrat (qui n’a jamais été signé d’ailleurs) mes défraiements ect … Je me suis retrouvée , avec les autres membres de l’équipe face à une personne qui a des manières peu professionnelles et éthiques pour gérer les choses et parler a une équipe… Heureusement qu’Anouar Moatassim était là pour nous calmer. Je ne rentrerai pas dans les détails, tout ce que je vais dire, c’est que cette dame, m’a berné, menti, volé et utilisé mon image sans autorisation contractuelle…
Nous sommes dans un pays qui n’est pas connu par son immense industrie cinématographique mais plutôt par le professionnalisme et le sérieux de ceux qui travaillent dans cette petite industrie. il relevé de la 10ème dimension que, les techniciens et les comédiens qui ont fait le pilote soient tous contre cette dame ! Le CCM a fait une enquête qui a durée 7 semaines et a statué que la série appartient à Anouar Moatassim et qu’il a le droit de la réalisé et que la société Casablanca Pictures (celle de Anouar Moatassim et de Yanis Ayouch) a le droit de la produire.
Le ministère de la communication a fait son enquête. Aujourd’hui c’est la justice qui a parlé et n’a jamais condamné Anouar Moatassim comme elle le prétend et encore moins interdit la diffusion de la série d’ailleurs la plus grande preuve de mes propos c’est que la série est tout les jours diffusé à 20H15 sur Medi1tv.
Être producteur est un grand mot madame, c’est un vrai métier, on ne peut pas s’autoproclamer producteur parce qu’on a un peu d’argent et beaucoup de blabla.
Je ne me fais pas de soucis, elle nous a parasité certes, mais on a rien a caché ni de quoi avoir peur, elle nous a juste fait de la pub et a prouvé que dans mon pays, l’éthique journalistique se perd de plus en plus . Si la série était un flop, elle ne l’a revendiquerai pas comme sienne

4. Quels sont vos futurs projets Faty ?

Je viens de finir un court métrage français dont j’interprète le premier rôle qui s’intitule  » la révélation du cochon  » réalisé par Rachid Benzine qu’on a tourné a Paris.
Je me repose après 6 mois loin de ma ville ( fut une année chargée pour moi, entre mes participations dans la série phare de la Fox21 The Tyrant réalisée par David Yates, le long métrage de Wergner Herzog The Queen Of The Desert, La série The Honorable Woman, la série Transporter dans sa deuxième saison et la série les 1001 nuits ) et de mes parents en profitant de ramadan pour me plonger dans les lectures de deux longs métrages dont un français.  Le meilleur reste à venir.

5. Fatima Ezzahra ! Comment vous avez débuté votre carrière d’actrice ?

Comme je voulais à tout prix me rapprocher du monde de la caméra, j’aidais des amis de l’ESRA à faire leurs TFE. Ensuite quand je suis rentrée au Maroc, c’est en allant rencontrer un ami a moi qui est Idriss Challouh qui passait un casting ce jour là chez Sigma et je lui ai donné la réplique pour qu’on parte vite. Je me vois appelé le lendemain par Aziz SaadAllah qui me propose le rôle de Samah dans la série Bent Bladi. Fut mon premier rôle en arabe, fut aussi la première fois aussi qu’on me paie pour jouer (rire).
Ça a commencé comme ça…

6. Un conseil aux jeunes acteurs ou aux gens désirant intégrer ce domaine.

Pour moi il n y a pas de formule magique ! Du talent, de la discipline et beaucoup de travail !
Mine de rien, on pense toujours au talent, mais il faut le voir comme un diamant brut, il faut le travailler, et on le travaille avec de la discipline, le sérieux, la persévérance, le savoir.
Un acteur est une somme de tout ça. Surtout il faut se nourrir l’esprit, beaucoup de lectures et de documentation.
Enfin y croire, il faut y croire, et garder la foi, parce que le chemin de la réussite est long et périlleux.

7. Passant aux questions sur votre vie perso, quelle est la chose que vous aimez et la chose que vous détester le plus ?

J’aime beaucoup de choses et je déteste beaucoup de choses aussi (rire)
Je ne saurais répondre à cette question !
Je peux vous parler de mes rêves de mes modèles Je n’en ai pas et j’en ai beaucoup en même temps. Chaque personne qui a quelque chose a m’apprendre pour m’améliorer est un modèle pour moi. J’aime les histoires de certaines personnes qui ont trimé mais ont réussi à réaliser leurs rêves. Je suis une grande rêveuse, qui a les pieds bien enracinés sous terre, donc ces histoires là me remplissent d’espoir. Chaque personne dans ce monde qui a fait ce pas anodin mais oh que dur de prendre une caméra et de s’exprimer sincèrement est un modèle pour moi ! J’aime rêver de faire mon film, que la culture se fasse plus libre et plus imposante et surtout importante dans mon pays, d’un cinéma meilleur dans mon pays, qu’on rafle une palme, un oscar, un ours et un lion d’or !!  Je rêve d’un lendemain meilleur…

8. Quelle est la première chose que vous faites quand vous commencez un nouveau tournage ?

Une playliste sur mon iphone ! Tous les personnages que j’ai interprétés ont une playliste musicale à eux ! Ces femmes que j’ai matérialisées ont un parfum à elles aussi. Sinon on me trouve toujours avec un livre dans les mains et des écouteurs dans les oreilles sur les plateaux.

9. Parmi l’équipe de « 1001 NUITS », quelle est la personne la plus proche de vous ?

OH la question ! Figurez-vous que tous ! On est devenu une famille, la famille des milles et une nuit ! On a un groupe sur What’sap, un autre sur Facebook…
Nadia Kounda est ma sœur de cœur, ce n’est pas le premier projet qu’on fait ensemble on a déjà travaillé sur le long métrage de Latif Lahlou « L’anniversaire » ensemble, c’est une fille en qui j’ai une grande affection, une grande comédienne !
Younes Bouab est un pote bien avant qu’on ne tourne ce projet, c’est une personne cultivée et très intelligente, j’apprends beaucoup de lui et nos conversations sont plus d’intéressantes, non seulement c’est un grand acteur mais un scénariste hors paire.
Ayoub Layoussifi est une personne que j’ai connu sur le plateau des milles et une nuit, et je dois avouer que jouer a ses coté est plus qu’un plaisir, il est d’un sérieux et d’un professionnalisme ! C’est surtout une grande générosité, en tant qu’acteur et humain !
Je n’aurai jamais rêvé meilleur compagnon de jeux que lui. Sincèrement.
Mourad Zaoui,mohamed el khyari,Dounia Abza, Fatima Zahra Meziani, Hanane Messoudi, Amina Allam, Fadoua Lahlou, Jad Chkif, Simo Ettaoussi, Youssef Ben Hayoun Sadafi, Kawtar Tennouri, Abdellah Bensaid, Kamel Kenzo, Zineb Laalami sont tous des personnes que je cherie dans mon cœur, de belles découvertes pour certains et une amitié qui dure pour d’autres, j’ai un profond respect pour eux, surtout ceux qui ont joué pour la première fois devant la caméra et qui ont interprété un rôle durant une longue période, un rôle important et surtout devant des acteurs confirmés. Je leurs tire mon chapeau bien bas ! Ce n’est pas facile, et ils ont du fournir un grand effort !
Enfin, l’équipe technique, nos gladiateurs de l’ombre (ils sont plus que des soldats) Surtout Hanane El Halhouli qui a assuré le maquillage de Kamar, Zineb notre chef costumière avec l’aide de Dalila Bensalem et Rquia qui sans elles Kamar ne serait pas si élégante dans ses caftans, Souad tribek pour la création des coiffures assistée par Souad et Younes. Meriem Drissi notre scénariste qui n’a pas fermé l’œil et qui a été plus qu’une scénariste, une grande soeur ni elle ni Fatiha Alam notre script. J’aimerai remercier chacun par son nom, j’insiste, le département mise en scène, Nawal Boutaleb, Jalil Lahlou, Nabil Himya, Moulay Driss El Fatemi, Celio Drissi et notre cher Tariq Karkab ! Le département son, lumière, machinaux, décors, la régie, la prod merci à vous, je vous aime !
Ce projet est le fruit de beaucoup d’amour et de respect, donc si j’ai une personne proche de moi de toute cette belle équipe c’est Anouar Moatassim, le noyau de notre force et amour.
Anouar Moatassim et Nawal Boutaleb, la famille s’est agrandie, et ce n’est que le début.

10. Et pour terminer, quelle est votre avis sur notre E-magazine Lamarocaine.com ?

Je ne connaissais pas du tout, maintenant j’en suis fan ! Je trouve qu’on a besoin de ce genre de magazine dédiée spécialement à la femme marocaine, le site est interactif et constructif ! Bravo à toute l’équipe de LaMarocaine.com !

Interview réalisé par Sara Lazaar

 

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