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Education: punition ou fessée?

Choisir l’une ou l’autre, ça fait mal. Et pas qu’aux enfants. Pourtant, face aux désobéissances et aux caprices répétés, la sanction parentale doit tomber.

Choisir l’une ou l’autre, ça fait mal. Et pas qu’aux enfants. Pourtant, face aux désobéissances et aux caprices répétés, la sanction parentale doit tomber.

« J’ai beau le gronder, il accumule les bêtises et n’en fait qu’à sa tête ! », se plaint la maman de Rayane, 4 ans. Elle est loin d’être la seule à se sentir démunie et impuissante face à une telle situation. Est-ce le résultat d’un échec éducatif ? Nullement.

D’après les spécialistes, tout naturellement, l’enfant pousse ses parents à bout pour tester leur autorité. Déborder des limites imposées est perçu comme un jeu à ses yeux. Il ne faut pas baisser les bras pour autant. Céder à ses caprices est nuisible pour son développement. Il est donc nécessaire d’imposer des règles.

Encore faut-il que cette règle soit assortie d’une sanction si l’on veut qu’elle soit efficace. Mais comment s’y prendre ? Telle est la question que se posent bon nombre de parents.

A la découverte de l’interdit
Dès l’âge de 2 ans, l’enfant découvre le monde qui l’entoure. Sa grande curiosité l’incite à toucher à tout et à braver certains interdits. Désobéir est un processus naturel de son développement. C’est ainsi qu’il évalue l’autorité parentale, mais aussi le lien qu’il entretient avec ses proches.
S’il est normal de lui poser des limites, il faut garder en tête que cette période de découverte est essentielle à l’affirmation de sa personnalité.

Evidemment, certains enfants sont plus obéissants que d’autres. Mais pour la plupart, l’appel du danger est irrésistible. Comme le besoin de contredire les adultes. Aussi, les bases d’une bonne éducation commencent dès le plus jeune âge : regards noirs s’il agit dangereusement, tape sur la main s’il attrape un objet interdit, ton grave lorsqu’il désobéit… Très tôt, l’enfant doit prendre conscience que toute chose a ses limites et que ce sont ses parents qui décident.

 Enfant roi, parent esclave
À l’époque de nos grands-parents, fessées, claques et coups de martinets volaient pour presque rien. Une éducation à la dure n’accordant à l’enfant aucun droit, seulement des devoirs de respect et d’obéissance aveugle.

Force est de reconnaître que les traditions ont changé. Depuis les années 70, en Occident, l’amour a remplacé les principes de droit et de devoir. On prône une éducation moins stricte et plus ouverte au dialogue. Un slogan de l’époque résume cet état d’esprit : « Interdit d’interdire ».

Dès lors, une vague « d’enfants rois » et de parents désarmés a vu le jour. Ces derniers se refusent à punir leurs enfants, de peur de les traumatiser ou d’être mal jugés par la société. En proie à un réel sentiment de culpabilité et d’échec éducatif, les parents d’aujourd’hui sont frustrés et peu confiants. De plus, la punition entraîne une agressivité qu’ils ont du mal à supporter, considérée comme la preuve d’un désamour de la part de l’enfant.

Eduquer, c’est responsabiliser
Evidemment, martyriser son enfant n’est pas la solution. Mais cautionner la tyrannie infantile non plus. On peut opter pour une éducation souple, si on impose des limites derrière. Dites-vous bien que l’amour n’est absolument pas en cause. Car il ne s’agit pas de séduction mais d’éducation.

Le parent doit inculquer à son enfant la notion de bien et de mal. Autrement dit, lui faire comprendre la différence entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit. Ainsi, la meilleure punition est celle qui est sensée responsabiliser l’enfant : réparer un objet cassé, ranger sa chambre, nettoyer un meuble sali…

Idéalement, on opte pour la communication. Le discours parental doit alors être ferme, crédible, sans ambiguïté et non négociable. Bien entendu, l’intonation de la voix, le regard et la gestuelle doivent aller dans le même sens. Pour ne pas se sentir injustement puni, l’enfant doit savoir reconnaître un impératif d’une simple demande.

Trop de parents, à bout de nerfs, multiplient les menaces de punitions sans les appliquer. C’est un tort, car c’est le meilleur moyen de ne plus pouvoir se faire obéir. Le problème, c’est que le dialogue n’est pas toujours suffisant. Face à une tête de mule, on a beau discuter, ça ne marche pas. Aussi, si votre enfant ne veut rien entendre et qu’il pousse le bouchon trop loin, il est peut-être temps de sévir…

 Les privations, ça fonctionne !
Outil salutaire pour les parents, la punition rend crédible l’interdiction. « Dès que je prononce le mot punition, ma fille se calme aussitôt, c’est magique ! » raconte Houria.

En effet, la simple formulation fait peur. Mais pas toujours. Auquel cas il faut passer à l’action. Comment punir ? Avec des mots d’abord : « Tu n’as pas respecté ce que je t’ai dit, donc je vais te punir pour ce que tu as fait… ».
Ensuite, la punition doit être proportionnelle à la bêtise. Cela va de l’isolement momentané dans la chambre à la privation de dessin-animé ou au raccourcissement du temps de jeu.

À bannir, toutes les punitions qui affectent ses besoins ou qui contribuent à le faire régresser: tu seras privé de dessert, va au lit, tu n’iras pas à la danse ou au judo… Selon les spécialistes, à tout âge, les privations sont très efficaces lorsqu’elles visent des activités stériles et non pas vitales pour son épanouissement.

Le but d’une punition est de soulager l’enfant d’une culpabilité : il sait qu’il a mal agi et s’en veut. Mais il ne faut vraiment le punir qu’en ultime recours pour qu’il en comprenne la dimension et qu’elle ne soit pas récurrente. Si la punition devient le seul moyen de se faire obéir, c’est que l’autorité n’est pas établie.

Certes, le parent parfait n’existe pas, mais si votre petit garnement continue de vous désobéir sans vergogne, l’aide d’un pédopsychiatre peut être utile pour déceler ce qui se cache derrière son comportement rebelle.

Une petite fessée ne fait pas de mal…
Dans certains pays comme la Suède, la punition corporelle – loin d’être un modèle éducatif – est totalement bannie.  Et selon une étude américaine, la fessée abusive aurait même tendance à rendre les enfants plus agressifs en grandissant. D’autres encore soulèvent le drame de l’enfance maltraitée… Bref, lever la main sur son enfant est de plus en plus montré du doigt.

Mais tant qu’il n’est pas question de fessée déculottée ni de gifle humiliante, une tape occasionnelle n’est pas forcément un frein à la créativité de l’enfant et peut servir à poser des limites. Elle reste un bon moyen pour répondre à une grosse bêtise, une parole inacceptable ou pour mettre fin à une exaspération.

A utiliser avec parcimonie, cependant, car même si une tape sur les mains ou sur les fesses n’est pas traumatisante, elle coupe court à la communication entre le parent et l’enfant. Et au-delà de 5-6 ans, mieux vaut avoir recours à une punition.

Dans les faits, le parent le mieux intentionné peut être amené à lever la main. Bien souvent, cette réaction arrive dans un contexte d’énervement maximum, mais ne peut être efficace que si elle reste exceptionnelle. Après la crise, une phrase suffit pour apaiser la situation et surtout prouver à son enfant que la communication est toujours plus efficace que les coups.

L’avis du spécialiste, Ghizlane Benjelloun, pédopsychiatre

Les règles d’or de l’éducation : expliquer les limites à son enfant pour qu’il les intériorise, l’avertir des punitions en cas d’infractions et toujours les appliquer même s’il demande pardon…
Après la sanction, il est impératif de lui expliquer les raisons tout en le rassurant sur l’amour inconditionnel que vous lui portez quelle que soit la bêtise commise. Une fessée doit être effectuée dans le calme et sans trop lui faire mal, mieux vaut éviter la ceinture.

Insultes et rabaissements sont parfois bien plus traumatiques qu’une petite fessée. Ne jamais se défouler sur l’enfant, que ce soit avec les cris ou les gestes : le parent perd toute figure d’autorité
lors qu’il pense s’imposer.

source: www.h24info.ma

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