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Les Marocains sont fous du sexe

Les Marocains sont fous du sexe
Au Maroc, le sexe se libéralise. Du moins, par le verbe. De plus en plus, les Marocains (citadins et lettrés surtout) ouvrent leurs jardins secrets et ne se gênent donc plus pour parler de leur sexualité. C’est ce qui permet d’avoir une idée sur leurs activités au lit.
Dans ce cadre, une récente étude menée par un cabinet international, donne de précieux enseignements sur les habitudes sexuelles des Marocains. Tout y est : fréquence des actes sexuels, communication dans le couple, nombre d’orgasmes, moments des rapports sexuels, moments de panique au lit, durée des ébats…
Contexte
Menée par Market Test que l’on présente comme étant membre de Global Market Research, l’une des premières sociétés de recherche internationale dans le monde, l’enquête sur les habitudes sexuelles au Maroc, a été menée entre le 28 avril et le 28 mai 2008. Réalisée pour le compte de BayerSheringPharma, elle a concerné 600 hommes et 212 femmes, âgés de 35 à 60 ans et tous résidents en milieu urbain. Ils sont également tous lettrés puisqu’il leur a été demandé de répondre à un questionnaire écrit. « C’est un échantillon suffisamment représentatif pour que l’on puisse parler d’une manière globale de habitudes sexuelles des Marocains », estime Dr Mounir Charif Chefchaouni. C’est cet urologue de Casablanca qui a présenté et commenté, le vendredi 22 mai à Skhirat, les résultats de cette étude, en marge du 17ème congrès National d'urologie.
Durée et fréquence de l’acte sexuel
Selon cette enquête, chez les Marocains, la durée et la fréquence des actes sexuels ne dépassent pas les moyennes connues dans d’autres pays du monde. Il a été relevé que la durée moyenne de chaque acte pour 40% des Marocains se situe entre 31 et 60 minutes. 45% des enquêtés, hommes et femmes, affirment avoir des rapports sexuels 2 à 3 fois par semaine et 26% ont plus de 4 rapports sexuels par semaine. Bien sûr, plus on est jeune, plus on est actif sexuellement. 8% des enquêtés ont affirmé faire l’amour chaque jour, mais dans cette proportion 16% sont âgés entre 35 et 40 ans. Dans la catégorie de ceux qui le font 4 à 6 fois par semaine, 34% sont dans cette même tranche d’âge. N’empêche que la moitié de ceux qui font l’amour 2 à 3 fois par semaine, sont âgés de 41-50 ans et 43% sont âgés de 51 à 60 ans.
Sur un autre registre, les Marocains n’ont pas tous le sens du partage au lit. Certes, 58% des personnes interrogées affirment « partager tout leur désir sexuel » avec leur partenaire. En outre, le pourcentage de participants disposés à parler à leur partenaire s’ils ne sont pas satisfaits de leurs rapports sexuels est de 68%. Mais, plus de la moitié des Marocains (51% des hommes et 52% des femmes) estiment qu’il est plus important pour eux que leur partenaire ait un orgasme.
Satisfaction, érection…
Plus de 70% des Marocains sont satisfaits de leur vie sexuelle et 68% estiment que le sexe est très important. C’est là d’ailleurs l’une des premières conclusions tirées de l’étude. Du reste, 90% des personnes interrogées ont déclaré qu’avoir une bonne érection est la principale condition pour avoir un bon rapport sexuel, alors que 84% pensent qu’il est important de maintenir l’érection. « Mais il n’y a pas d’érection sans prémices », précise Dr Mounir Charif Chefchaouni. « L’absence des préalables peut causer d’énormes problèmes et mêmes les médicaments ne peuvent rien donner sans qu’il y ait de prémices », prévient-il.
Autre conclusion : 74% des participants à l’enquête ont déclaré que le sexe est meilleur dans le cadre d’une relation stable. Egalement, 78% des interviewés estiment que le sexe est une composante essentielle de leur relation bien qu’ils aient été avec leur partenaire depuis un long moment. Le même pourcentage préfère avoir des relations sexuelles spontanées. Il y en a aussi qui en redemandent. « Je voudrais avoir des relations sexuelles plus souvent », ont en effet déclaré 53% des personnes interrogées (49% de femmes et 55% des hommes).
Du reste, le plaisir sexuel est sacré pour les personnes interrogées. 32% d’entre eux ont assuré être prêts à rompre avec leur partenaire si leurs rapports sexuels n’étaient pas satisfaisants et 43% affirment qu’ils sont confiants en leur vie sexuelle.
Orgasme
Là où les Marocains se démarquent de tous ceux à qui Market Test avait déjà posé les mêmes questions sur leur sexualité, c’est quand il s’agit d’orgasme. Selon le sondage relatif au Maroc, 70% des hommes interviewés affirment avoir plusieurs orgasmes pendant le même rapport sexuel, tandis que 43% des femmes ne dépassent pas un seul orgasme par rapport. L’exploit d’avoir même 2 à 3 orgasmes dans un même rapport est revendiqué par 61% des hommes. « Il s’agit là certainement d’une mauvaise compréhension de la définition exacte du mot ‘orgasme’ qui se confond parfois pour certains avec la jouissance sans éjaculation qui n’est pas un orgasme », nuance Dr Mounir Charif Chefchaouni. Il y a aussi un phénomène culturel chez les hommes quand ces derniers sont amenés à parler de leur sexualité. Ils ont souvent tendance à s’en vanter plutôt qu’à en parler objectivement. A ce propos, Dr Chefchaouni assure que d’une manière générale, les Marocains ne sont ni pires ni meilleurs dans le domaine de la sexualité puisque les mêmes indicateurs relevés par le sondage effectué par Market Test, se retrouvent dans des sondages similaires effectués sous d’autres cieux, notamment en France. Quand le praticien est interrogé sur l’effet que pourrait avoir le soleil, par exemple, sur la sexualité, il tranche, catégorique : « cela aide à créer la vitamine D, mais n’a rien à avoir avec le sexe ».
Situations déplaisantes
Au lit, il n’y a pas pire pour un homme que de voir sa verge tomber de sommeil alors que sa partenaire l’appelle. C’est ce que pensent 85% des personnes interrogées. Avoir des problèmes d’érection est donc l’une des situations les plus désagréables pour un couple marocain, suivie de l’incapacité de satisfaire son partenaire (79%). 67% affirment que leur incapacité à avoir un rapport sexuel quand ils le souhaitent affecte négativement le bien-être émotionnel des deux partenaires.
Pour 47 de femmes et 65% d’hommes, l’éjaculation précoce est citée comme étant la situation la plus déplaisante au lit. Par ailleurs, pour 56% de femmes et 87% d’hommes, il est encore plus déplaisant de ne pas être capables de satisfaire et donc de donner du plaisir à son partenaire.
Comme solution aux problèmes rencontrés lors des rapports sexuels, 72% des Marocains essaieraient « quelque chose de nouveau au lit ». Mais, 91% des interviewés estiment que la consultation d’un médecin est une solution à leurs problèmes sexuels. Cela ne veut pas dire pour autant que les Marocains accourent chez le médecin au moindre pépin lié à leur sexualité. Loin de là. Ils sont plus enclins à l’automédication puisque 75% des hommes et 68% femmes disent plutôt recourir à un pharmacien qu’à un médecin en cas de problème au lit.
Le sondage a également révélé que les Marocains pensent que la réduction des capacités sexuelles est liée plutôt au stress, aux problèmes quotidiens (69%) ou encore à la fatigue physique (67%). Ils sont loin de soupçonner qu’une verge qui ne se lève pas au bon moment indique que le corps souffre, quelque part, d’un problème qui peut se révéler grave. Ce sont les spécialistes qui l’affirment : « les problèmes sexuels constituent une véritable menace pour la santé de l’homme. Ils doivent donc être pris très au sérieux. Par ailleurs, les problèmes sexuels sont souvent le symptôme d’autres problèmes sous-jacents tels que le diabète, l’hypertension ou la dyslipidémie ». Ils peuvent aussi être révélateurs de problèmes psychologiques, révèlent les mêmes sources. Les nouveaux mariés qui tombent en panne lors de leur première nuit nuptiale en savent quelque chose.
En règle générale, quand des problèmes d’érection se posent pour un homme, il faut absolument qu’il aille voir un médecin », conseille Dr Mounir Charif Chefchaouni. A ses côtés, Pr Abdennabi Joual, président de l’association marocaine d’urologie (AMU), confirme : « l’érection n’est que la partie visible du problème qui peut en cacher d’autres plus graves dont des maladies cardiaques, de diabète ou autres ».
Habitudes sexuelles des Français : Un sondage beaucoup plus détaillé
Contrairement à l’enquête menée par Market Test, un récent sondage mené dernièrement en France par Sofres-Nouvel Obs-RTL, fait ressortir beaucoup plus de détails. On y apprend que les Français se divisent en 5 « sexotypes » : « traditionnels distanciés » (12% des Français), « romantiques conformistes », « amants fidèles » (25%), « explorateurs affranchis » (24%) et « décomplexés tranquilles » (14%).
L’enquête, réalisée les 8 et 9 avril dernier auprès d’un échantillon représentatif de mille personnes, trace le portrait d’une France décomplexée mais qui croit encore et toujours à l’amour, à la fidélité et à la complicité dans le couple. Les Français estiment à 74% que le sexe est important dans leur vie : 71% d’entre eux ont eu des relations sexuelles dans les mois qui ont précédé l’enquête. Leurs principales motivations ? Partager un moment de complicité (82%), satisfaire un besoin naturel (75%) et rechercher la jouissance (59%).
Les Français qui prennent leur vie sexuelle très au sérieux -74% de l’échantillon considère qu’elle est importante dans leur vie- sont une majorité à la considérer satisfaisante (63%). Mais ce taux diminue fortement en fonction de l’âge : seulement 28% des personnes âgées de 59 à 70 ans se disent comblées.
Du côté des pratiques, comme l’avaient illustrées de précédentes enquêtes, la masturbation, la fellation et le cunnilingus sont pratiqués par une majorité de sondés. Tandis que la pénétration anale et l’échangisme restent largement minoritaires. Le désir homosexuel est revendiqué par 9% de l’échantillon. Et le passage à l’acte par 6%. Quoi qu’il en soit, 55% des personnes interrogées disent qu’il faut chercher à réaliser ses fantasmes sexuels.
Plus à l’aise sous la couette que leurs parents et grands-parents, les Français d’aujourd’hui considèrent néanmoins à 77% que la fidélité conditionne la réussite d’un couple et 56% estiment qu’ils ne pourraient pas avoir de rapports sexuels avec quelqu’un sans l’aimer.

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