Home / News / CANAN DAĞDEVIREN – Une jeune scientifique turque « en train de changer le monde »

CANAN DAĞDEVIREN – Une jeune scientifique turque « en train de changer le monde »

Tout juste âgée de 29 ans, la Turque Canan Dağdeviren a été sélectionnée par le prestigieux magazine Forbes pour faire partie des “30 under 30”, trente jeunes à la réussite extraordinaire et âgés de moins de trente ans. Son projet : créer des puces électroniques qui seront implantées dans le corps, et surtout, qui tireront leur énergie du corps – éliminant de ce fait le besoin de piles. Un projet révolutionnaire qui pourrait devenir le “futur stimulateur cardiaque, défibrillateur implantable et moniteur cardiaque”, d’après la revue Forbes.

“Je pense que chaque personne ressemble un peu au lieu où elle est née. Je suis née à Istanbul. Istanbul, entre l’Asie et l’Europe, est la seule ville au monde à unir deux continents différents. De la même façon, j’ai imaginé un pont qui reliait des appareils électroniques lourds et mastocs à des logiques de systèmes élastiques et malléables”, a expliqué Canan Dağdeviren au cours d’une cérémonie de récompense pour “les femmes et la science” organisée par L’Oréal en Turquie. “Imaginer est important, car imaginer vous rend libre. A mes yeux, il n’y a pas de plus grande beauté qu’être libre”, a-t-elle ajouté.

Forces et énergies
Pour comprendre comment Canan Dağdeviren en est arrivée à faire ce qu’elle fait aujourd’hui, il faut revenir sur son enfance. Très jeune, déjà, elle essayait de casser les pierres en petits morceaux pour en trouver les atomes. Et bien que tout le monde lui ait répété que cela était impossible, elle s’est obstinée jusqu’au jour où son père lui a offert un livre. Grâce à ce livre, la fillette a compris que seul un microscope lui permettrait de voir les atomes.

Elle y a également découvert l’histoire de Marie Curie, “cette femme qui est la seule à avoir été récompensée de deux prix Nobel dans deux domaines scientifiques différents”. Elle est aussi “tombée amoureuse de son mari, Pierre Curie, parce que sans avoir reçu aucune formation, il avait découvert dans son laboratoire le piézoélectrique – ce principe selon lequel, lorsque l’on exerce une pression, cela engendre une tension électrique qui se décharge en produisant des étincelles, comme par exemple un briquet”. Canan Dağdeviren, contre l’avis de son entourage, uniquement soutenue et encouragée par sa mère, s’est donc lancée dans des études scientifiques.
Une réussite rapide

Le choix de son futur métier, elle l’avait fait bien avant. C’est à l’âge de cinq ans, lorsqu’elle a appris que son grand-père était décédé à 28 ans des suites d’une insuffisance cardiaque, qu’elle a choisi de travailler dans ce domaine. Elle s’est promis d’apporter des solutions aux maladies du cœur avant d’atteindre elle-même ses 28 ans, afin d’éviter que les personnes contractant de telles maladies ne meurent prématurément, comme son grand-père.

En juin 2007, Canan Dağdeviren sort diplômée de la section ingénierie physique de l’Université de Hacettepe, à Ankara. Elle a ensuite poursuivi ses études à l’Université Sabancι, à Istanbul, où elle a obtenu son master en sciences techniques et polytechniques en 2009. Grâce à la bourse “Fulbright doctorant” (pour des projets de recherche aux Etats-Unis), la jeune femme est partie effectuer son doctorat de polytechnique et sciences techniques à l’Université de l’Illinois à Urbana-Champaign, aux Etats-Unis. Aujourd’hui, elle travaille à l’Institut technologique du Massachusetts.
Reconnue dans la communauté scientifique, ses recherches et ses travaux lui ont valu six récompenses. En 2014, elle est devenue la première scientifique turque à être sélectionnée comme “Junior fellow” par la prestigieuse Université de Harvard. Ce prix “des membres de l’académie des jeunes” récompense de jeunes diplômés pour leurs capacités exceptionnelles. N’oubliant jamais son pays natal, elle a déclaré à cette occasion : “au-delà de mon succès personnel, je représente mon beau pays d’origine, la Turquie, dans la mesure où je suis la première scientifique turque à être sélectionnée dans ce milieu”. Cette année, c’est la prestigieuse revue Forbes qui l’a désignée parmi les 30 jeunes âgés de moins de trente ans qui ont fait preuve de “réussites extraordinaires […] dans divers domaines, dont la science, l’énergie et les soins” et qui “sont en train de changer le monde”.
Une puce s’auto-alimentant

L’un des concepts sur lequel elle a travaillé durant toutes ces années repose sur la création d’une puce, d’un élément “élastique, souple, mou”, qui une fois placé sur le cœur, transforme l’énergie produite par le cœur en énergie électrique. Elle applique, en quelque sorte, le fonctionnement du piézoélectrique au cœur. En général, pour traiter les maladies cardiaques, une pile est posée dans le cœur. Mais cette pile, une fois obsolète, doit être remplacée par une nouvelle au cours d’une opération lourde et dangereuse. Utiliser la technologie piézoélectrique sur un support “pliable comme du papier” permettrait au cœur d’utiliser l’énergie qui vient du corps tout continuant à vaquer à ses propres tâches. De cette façon, il n’est plus nécessaire de passer régulièrement par des opérations dangereuses pour remplacer la pile. Cette expérience, tentée sur des cœurs d’animaux ressemblant à celui de l’homme, a été un succès.

A l’heure actuelle, Canan Dağdeviren travaille sur divers autres projets et continue à insister sur l’importance de l’imagination : “si vous imaginez, vous possédez le courage de courir derrière votre imagination. Quoi que veuillent faire les jeunes, qu’ils le fassent !” encourage la jeune scientifique.

Le petit Journal

About Rédaction

Check Also

Nutrition Ramadan

Votre guide alimentaire ultime pour un ramadan healthy !

Durant le Ramadan, mois sacré par excellence pour les musulmans, le Ftour, ou rupture du …