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Alimentation : Attention aux régimes excessifs !

Les beaux jours sont de retour et les rêves de corps idéal aussi. À cause de cette envie obsessionnelle de perdre du poids, certains se forcent à suivre des régimes draconiens et mettent en danger leur santé.
Les enfants dont les deux parents sont obèses ont 70% de chances de le devenir à leur tour.
Les enfants dont les deux parents sont obèses ont 70% de chances de le devenir à leur tour.
«De nos jours, la recherche du poids idéal est devenue une priorité pour la jeune génération qu’elle soit féminine ou masculine», souligne le Dr Valérie Alighieri, nutritionniste et médecin généraliste. «Ce phénomène est en grande partie lié au fait qu’à longueur de journée dans les spots publicitaires, les journaux de mode, les émissions télévisées… apparaissent des personnages au corps bien sculpté. Ceci ne doit pas être une référence et ne doit pas être le but d’un régime», s’inquiète-t-elle. «La volonté de perdre du poids devrait être liée à un souci de bon équilibre alimentaire pour préserver son capital santé : protection du système cardio-vasculaire, des articulations, du métabolisme, etc.

Avant de penser à faire un régime très restrictif avec des risques de carences, il faut d’abord se demander ce qui a entraîné la prise de poids et agir au niveau de l’hygiène de vie en général. D’ailleurs, une bonne hygiène de vie doit être adaptée à la condition physique de la personne qui se base sur plusieurs critères comme : l’âge, l’histoire de l’évolution du poids, les antécédents médicaux, les maladies concomitantes et aussi au mental de la personne, car tout un chacun n’est pas en mesure de suivre un régime», affirme la nutritionniste.

Attention à l’effet yoyo !
«Les régimes trop restrictifs favorisent l’effet yoyo, et conduisent à des régimes à répétitions, car lorsque vous revenez à une alimentation normale votre corps va stocker un maximum pour se préparer à un prochain régime difficile», explique le Dr Karim Ouali, nutritionniste. «Le yoyo est néfaste pour la santé, il engendre la fatigue physique et psychologique, une perte musculaire au détriment de la masse grasse. Pour perdre ses kilos, il ne faut pas faire de régimes restrictifs, mais au contraire il faut reprendre de bonnes habitudes alimentaires pour offrir à votre corps tout ce dont il a besoin», ajoute-t-il. «Par ailleurs, il faut manger de tout, mais d’une manière équilibrée, aucun aliment n’est à écarter totalement. Il faut s’autoriser des aliments qui vous feront plaisir même durant un régime pour ne pas craquer par la suite. Un coaching par un spécialiste et parfois même une prise en charge pluridisciplinaire est parfois nécessaire pour avoir des résultats durables», indique le nutritionniste.

Selon le Dr Ouali : «le Maroc n’échappe pas à la tendance mondiale d’augmentation de la prévalence d’obésité, selon la dernière enquête du Haut commissariat au Plan, la prévalence de l’obésité en 2011 est estimée à 11,3% ; avec une légère prédominance chez les urbains et les femmes. Et plusieurs causes y sont incriminées dont :
• L’hérédité qui est un facteur d’une grande importance, puisque que les enfants dont les deux parents sont obèses ont 70% de chances de le devenir à leur tour tandis que les parents qui sont tous les deux minces n’auraient que 20% de souffrir de surpoids.
• Les mauvaises habitudes alimentaires qui se matérialisent dans l’excès d’apport (quantitatif) ou le déséquilibre dans l’apport (qualitatif : excès de graisses et de glucides rapides)…
• Les troubles du comportement alimentaires tels que la déstructuration des rythmes des repas surtout que nos modes de vie ont changé au Maroc avec la diminution du nombre de femmes au foyer et l’adoption de plus en plus de l’horaire continu dans le travail qui favorise la restauration rapide (fastfood) qui est très “obésitogène”. Par ailleurs, il reste d’autres causes et non des moindres comme le stress, la sédentarité, le manque d’exercices physiques et certains problèmes endocriniens».

D’après plusieurs études, pour sortir de l’obsession des régimes il faut comprendre que les régimes «coup de poing» n’aboutissent à rien. Exception faite des vrais obèses qui ont besoin d’un suivi particulier, le régime commun suppose de revenir à des principes simples basés sur le bon sens.
Ainsi, pour perdre du poids et maigrir durablement, sans en reprendre au bout de six mois, il faudra alors manger varié et diversifié en réduisant les quantités, éviter de grignoter et pratiquer une activité physique. D’ailleurs, il ne faut supprimer aucun aliment, mais manger moins de tout ce qui est néfaste pour avoir de bon résultat et surtout afin de continuer à se faire plaisir.

Avis du spécialiste: Dr Karim Ouali, nutritionniste, phytothérapeute et homéopathe

«Absolument rien ne peut remplacer une alimentation équilibrée et diversifiée»

Quels peuvent être les risques si on accumule les régimes ?
Les régimes alimentaires mal conduits ou répétés représentent un réel risque pour la santé. En privant son corps des vitamines et des minéraux dont il a besoin, on l’expose à des problèmes de santé.

Que risque une personne qui suit des régimes trop draconiens ?

Elle peut connaître des déséquilibres en macronutriments (lipides, glucides, protéines), en vitamines et en minéraux. Et ces déséquilibres peuvent causer de la fatigue, des troubles digestifs, une perturbation de la concentration, des risques de fractures, des calculs biliaires, des perturbations hormonales…

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui voudrait perdre du poids ?
Un régime hypocalorique équilibré reste l’idéal. Absolument rien ne peut remplacer, en termes de santé, une alimentation équilibrée, diversifiée. La phase de stabilisation doit durer au minimum six semaines. Il est indispensable de ne pas reprendre les anciennes habitudes à l’origine de la prise des kilos. Il faut donner le temps au corps d’apprendre à réintégrer certains aliments qui ont été ôtés de l’alimentation.
Dans cette phase, l’équilibre et les bonnes habitudes alimentaires priment ; il faut prendre 4 repas normaux par semaine tout en maintenant plusieurs repas du régime, 4 à 6 environ, et ce pendant 6 semaines jusqu’à atteindre progressivement une alimentation normale, saine et équilibrée.
De plus, il faut diminuer la consommation des sucres d’absorption rapide (sucre raffiné, confiture, sodas, etc.), la consommation des graisses d’origine animale (viandes grasses, beurre, saindoux, certaines sauces à base de ce type de graisses, sans oublier les produits laitiers les plus gras) et le rajout du sel à table. Et il faut surtout insister sur la consommation des viandes maigres et des poissons ; privilégier le pain complet, prendre cinq fruits et légumes par jour et favoriser les produits laitiers les moins gras.

Pour ne pas regrossir après une perte de poids. Il faut se tenir aux règles d’or d’hygiène de vie qui commence par un changement des habitudes quotidiennes : prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur, marcher au lieu de prendre le taxi, déposer sa voiture à 10 min de son travail pour s’imposer une activité physique sans en avoir l’air.

Les statistiques sur l’obésité

Les jeunes hommes obèses d’une vingtaine d’années ont deux fois plus de risque de mourir avant l’âge de 55 ans que leurs homologues qui ont un poids normal, selon une récente étude danoise. L’étude, entamée il y a 33 ans, a porté sur 6 500 jeunes âgés de 22 ans dont 97, soit 1,5%, étaient obèses au début de l’étude. À l’âge de 55 ans, près de la moitié d’entre eux avaient déjà connu diverses pathologies (dont le diabète, l’hypertension, les thromboses, les infarctus) lorsqu’ils n’étaient pas décédés. D’après les chercheurs danois, les jeunes obèses avaient huit fois plus de risque de souffrir du diabète et quatre fois plus de risque d’avoir une thrombose que leurs congénères n’étant pas en surpoids. Ils avaient également deux fois plus de risques d’avoir de l’hypertension, de faire un infarctus ou d’être décédés à l’âge de 55 ans. Les auteurs de cette étude soulignent que l’accroissement des pathologies liées à l’obésité risque «de faire peser un fardeau sans précédent sur les systèmes de santé dans les décennies à venir». Selon ces chercheurs, même si l’étude n’a été effectuée que sur des hommes, les femmes ne devraient vraisemblablement pas être épargnées par le phénomène.

Repères

Comment choisir son régime ?
Selon la nutritionniste Valérie Alighieri, le plus prudent est :

  • Le recours à l’avis médical, spécialisé si possible.
  • Le programme alimentaire sera alors adapté et l’amaigrissement contrôlé.
  • L’état psychologique du patient doit être observé.
  • La période qui suit tout amaigrissement est très importante, car c’est elle qui assure la stabilisation du nouveau poids afin d’éviter les éventuelles reprises de poids tant redoutées.

Source: Le Matin

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