Home / Enfant / Adolescence: Le décrochage scolaire, un cauchemar pour les parents

Adolescence: Le décrochage scolaire, un cauchemar pour les parents

La pression conduit souvent à l’échec et on a l’impression de ne pas avoir droit à l’erreur. La fuite est donc tentante.
La pression conduit souvent à l’échec et on a l’impression de ne pas avoir droit à l’erreur. La fuite est donc tentante.
Les adolescents savent tout mieux que quiconque et surtout ce qui concerne leur avenir ! Alors quand ils décident d’arrêter leurs études, le conflit avec les parents est souvent explosif.

L’adolescence est une période difficile à plus d’un titre : le corps change, on vit ses premières histoires d’amour et un mur d’incompréhension se dresse parfois entre l’adolescent et ses parents. Le point de discorde le plus fréquent est, bien sûr, les études. Mais le vrai cauchemar des parents c’est quand leur adolescent manifeste l’envie d’arrêter ses études et ne montre plus aucun intérêt à sa scolarité, ce qui est le cas d’un grand nombre de jeunes collégiens et lycéens. En effet, ces derniers ont devant eux un certain nombre d’années d’études et éprouvent parfois une certaine lassitude : la vie lycéenne, ses devoirs et ses classes surchargées, parait souvent bien terne à côté de celle qu’ils mènent dehors (sorties entre copains, vie sentimentale…). Toutefois, une telle décision peut être vécue comme une véritable épreuve pour la famille. Si elle occasionne généralement un sentiment d’échec chez l’élève, elle est aussi source d’inquiétude pour les parents.

En effet, pour ces derniers, l’éducation de leur enfant est très importante. La plupart souhaitent que leur ado obtienne son bac et poursuive des études supérieures. Mais, malheureusement, le spectre du décrochage scolaire n’est jamais bien loin. Il n’est pas évident, à l’adolescence, de savoir ce que l’on veut faire plus tard. La fin du lycée approche et la panique grandit, d’autant que les adolescents sont accablés par les discours incessants sur la crise économique et le chômage, même pour des surdiplômés, sans oublier qu’ils sont de plus en plus tentés par les métiers sportifs ou artistiques. La pression conduit souvent à l’échec et on a l’impression de ne pas avoir droit à l’erreur. La fuite est donc tentante. Toutefois, les spécialistes conseillent aux parents de ne pas réagir excessivement en mettant l’adolescent à la porte parce qu’il ne veut plus aller à l’école, aussi il ne sert à rien de le sermonner ou lui faire la morale en faisant de longs discours sur l’importance de l’éducation, ni de se mettre à crier et à le menacer. La vision «d’adulte» n’a que peu de chances de le faire réagir et les parents risqueront au contraire d’élargir un petit peu plus encore le fossé d’incompréhension.

Ils doivent plutôt essayer de faire la part des choses et de comprendre s’il s’agit d’une mauvaise humeur, d’un découragement passager ou d’un mal plus profond. Il faut savoir que les causes et les facteurs du décrochage scolaire sont multiples, tout comme les profils : certains ont des problèmes de comportement, ils sont punis à répétition et se construisent en opposition à l’école. D’autres sont des élèves moyens, peu intéressés par les cours et pas à l’aise en classe, ils s’ennuient et restent en marge. Certains décrocheurs rencontrent aussi des difficultés familiales ou relationnelles, souffrent de phobie scolaire ou même de dépression. Quelquefois, un jeune veut quitter l’école uniquement pour s’opposer à ses parents qui accordent une importance excessive à ses études.

Il est donc conseillé d’interroger son adolescent sur ses motivations, de le soutenir et de lui manifester de l’intérêt pour ses activités, même s’il ne fait rien qui convient aux parents. Par contre, il faut éviter, avant tout, de lui demander sans cesse ce qu’il va devenir s’il ne retourne pas à ses études. Il est également conseillé de lui expliquer qu’une passion seule n’est pas suffisante et qu’un métier ne s’improvise pas. Le lycée n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’une étape vers une spécialisation.

Par ailleurs, les parents peuvent l’avertir que si tel est son choix, cela ne signifie pas qu’il va rester inactif à la maison ou qu’il va se lever à des heures tardives. Si l’adolescent veut rentrer sur le marché du travail, les parents peuvent l’accompagner dans sa démarche de recherche d’emploi, l’inviter à s’informer auprès d’organismes spécialisés dans la recherche d’emploi et l’exhorter à adopter une hygiène de vie régulière.
Au final, l’expérience du monde du travail peut faire prendre conscience à l’adolescent de la nécessité de poursuivre ses études.

Explications : Dr Bouchaib Karroumi, pédopsychiatre
«Les parents doivent comprendre les causes qui poussent leur adolescent à quitter ses études»

Quelles sont les causes qui poussent l’ado au décrochage scolaire ?
Chez les adolescents, la déperdition scolaire peut avoir différentes causes. En premier lieu vient l’échec scolaire et ce dernier est dû à son tour, soit à l’absence d’une base éducative au primaire, soit à des problèmes familiaux…
Deuxièmement, il y a la perte de la motivation par l’inadéquation de ce qu’offre l’enseignement qui ne présente, en majorité, que des cours théoriques et du coup les adolescents ne se retrouvent pas dans cette forme ordinaire d’enseignement et ne s’adaptent pas aux matières abstraites. En plus de ces soucis, les adolescents sont confrontés aux difficultés de l’adolescence, à un manque de suivi dans l’éducation par les parents et à un défaut de leur structure ce qui cause des difficultés au niveau de l’apprentissage.
Par ailleurs, qu’un adolescent manifeste de l’intérêt envers des activités sportives ou artistiques n’est pas une mauvaise chose, au contraire. Cela encouragera sa créativité et après tout, c’est mieux que de rester dans la rue.

Quelles sont les conséquences d’un décrochage scolaire sur un adolescent ?
Les adolescents vivent mal le décrochage scolaire parce qu’ils le vivent comme un échec et ils se sentent marginalisés, parce qu’en réalité, si certains adolescents trouvent leur voie et se tournent vers des activités artistiques ou sportives, une grande part d’entre eux se retrouvent perdus et cette situation engendre des adolescents immatures et incapables de s’adapter.

Est-ce que le décrochage scolaire est toujours définitif ?
Cela dépend de l’âge de l’adolescent. Il est vrai que le ministère de l’Éducation nationale a établi des programmes pour affronter ce genre de problèmes comme le programme de l’éducation non formelle. Seulement, il est difficile de récupérer les adolescents ayant décroché leurs études.

Comment les parents doivent-ils réagir face à cette situation ?
Tout d’abord, les parents doivent tenter de comprendre les causes qui poussent leur adolescent à quitter ses études : est-ce qu’il rencontre des problèmes ou des difficultés ? Quelles sont ses motivations ?… Pour cela, il faut instituer un climat de langage entre parents, enseignants et adolescent. L’objectif est de ne pas aboutir à un décrochage social parce que dans ce cas l’adolescent va être perdu et c’est ce genre de situations qui conduisent à la délinquance.

L’échec scolaire

Principale cause du décrochage, l’échec scolaire peut frapper un enfant à n’importe quel niveau d’études. Pour les adolescents, le collège est un lieu totalement nouveau pour eux et ils peuvent donc s’y sentir un peu perdus. Ce sont aussi les années de la puberté, qui commencent et qui marquent la «renaissance» de l’enfant. Ce dernier, épanoui pendant ses années d’école primaire, se transforme souvent en contestataire. Il est mal dans sa peau, parfois hostile envers ses parents et le milieu scolaire. Ses rapports avec les autres élèves sont moins évidents qu’à l’école primaire, en fait, il est en pleine période de conflit avec lui-même et parfois, l’envie d’apprendre disparaît en très peu de temps. Quand il entre au lycée, l’enfant prend conscience qu’il doit travailler pour lui, même s’il continue à vouloir vous faire plaisir en ayant de bonnes notes. L’enjeu est important : il doit se projeter dans le futur et prendre des décisions qui engageront son avenir. C’est l’époque du baccalauréat, des projets et des responsabilités, d’où un sentiment d’angoisse assez fort. Dans tous ces cas, il faut l’encourager afin qu’il reprenne confiance en lui et que ses études aient de nouveau un sens pour lui.
Témoignage : Khalid, 50 ans, papa de Nizar, 16 ans.

«J’ai tout essayé, en vain»
«Mon fils de 16 ans ne veut plus poursuivre ses études. Cela fait un an qu’il s’est mis dans la tête de décrocher de l’école et se consacrer au football. Il est convaincu que faire des études ne lui garantira pas un bon avenir et j’ai beau lui expliquer que cela fera de lui un homme meilleur, il ne veut rien entendre. Je ne sais pas comment le dissuader. Il est vrai que mon fils n’est pas un génie et que ses notes ne sont pas terribles, mais je ne veux pas qu’il arrête ses études. Je ne suis pas convaincu que jouer au football est une bonne décision et pourtant je lui ai promis de le soutenir dans cette ambition, à condition d’obtenir son baccalauréat, mais rien n’y fait. Il continue quand même de sécher les cours et de passer son temps à regarder des matchs de football à la TV ou surfer sur le net. Je l’ai puni en le privant d’internet et de l’argent de poche, sans résultat, il refuse toujours d’assister à ses cours. Je suis dépassé, mais surtout très déçu».

Sources: Le Matin

About Rédaction

Check Also

hand-spinner

Hand spinner : les écoles françaises commencent à l’interdire

Drôle de petit objet tournant comme une toupie entre les doigts des enfants et adolescents …