Fruit de trois années de travail, le guide fournit un cadre de référence sur l'employabilité et le renforcement des compétences des jeunes femmes à la recherche d'un emploi.
C'est à Casablanca que l'AFEM (association des femmes Chefs d'entreprises du Maroc) a choisi de rendre public son guide de l'employabilité et du reprofilage des jeunes femmes diplômées.
En effet, le guide est la consécration de trois années de travail pour expérimenter le programme reprofilage qui a permis à plus de 80 jeunes femmes diplômées de trouver un travail. Les bénéficiaires sont donc des jeunes femmes titulaires d'un baccalauréat+2 au minimum, issues de milieux modestes et qui sont à la recherche d'un emploi depuis au moins deux années.
Le projet avait pour objectif à son lancement d'accompagner l'insertion professionnelle des jeunes femmes diplômées à la recherche d'un emploi et de satisfaire les besoins en compétences des entreprises. A travers cette expérience, les responsables voulaient ainsi contribuer au dispositif national d'insertion et d'accompagnement déjà mis en place. «Le ministère de l'Emploi et de la Formation Professionnelle a lancé depuis 2008 un processus d'institutionnalisation de la dimension genre dans le secteur de l'emploi, de la formation professionnelle et de la protection sociale. Cette expérience exprime à la fois une prise de conscience de ces enjeux et défis, et la volonté d'y faire face», a déclaré Jamal Rhmani, ministre de l'Emploi et de la Formation Professionnelle. Le programme reprofilage devait également apporter sa pierre à l'édifice pour permettre aux femmes d'accéder au travail avec plus d'équité. Le projet a connu deux phases. C'est ainsi qu'une première étape a duré 18 moins à titre expérimental alors que la deuxième s'est étalée de la période allant du mois d'octobre 2008 au mois de mars 2010.
L'initiative devait répondre à certaines demandes sur le marché du travail. En effet, les récentes études menées confirment que les femmes chefs d'entreprises rencontrent d'importantes difficultés pour se doter de ressources humaines qualifiées et adaptées à leurs besoins. De même, un nombre considérable d'associations professionnelles comme l'AFEM avait exprimé leur besoin de disposer de jeunes femmes mieux formées pour occuper des postes de responsabilité.
Etat des lieux
La participation des femmes marocaines reste en deçà des attentes. Selon le ministère de tutelle la participation féminine au marché national du travail est l'une des cinq les plus faibles de la région Moyen orient/Afrique du Nord (MENA). En outre, seulement 10% des créateurs d'entreprise sont des femmes alors qu'elles représentent plus de 50% de la population et plus de 25% de la population active. Ces dernières années le pays a entrepris plusieurs actions visant notamment à renforcer le rôle de la femme au sein de la société et particulièrement sur le marché du travail. L'évolution du contexte social et des mentalités ainsi que les avancées notables en matière des droits de la femme ont considérablement concouru à favoriser l'émergence d'un entrepreneuriat féminin au Maroc.
Le rapport «genre-entrepreneuriat-accès aux marchés (GEM) », publié en 2005 par la société financière internationale fait ressortir qu'il existe au Maroc un total de 500 femmes entrepreneuses.
De même, les rapports de l'OMPIC montrent qu'environ 1.700 certificats négatifs ont été octroyés à des femmes porteuses de projets en 2007 et 2500 autres en 2008.
Une enquête réalisée par l'AFEM en 2006 a fourni des informations importantes sur le potentiel des femmes actives. L'échantillon retenu pour l'enquête était constitué par 579 entreprises dont 77 membres de l'AFEM. L'étude fait ressortir que 75% des femmes interrogées ont une formation universitaire (bac+4 et plus). De plus, une large majorité des femmes chefs d'entreprises ont une expérience professionnelle antérieure souvent dans le secteur privé (50%). Les entreprises retenues couvraient tous les secteurs d'activités avec un certaine domination du secteur des services (37%) ainsi que le secteur du commerce et distribution (31%) et celui de l'industrie (21%).
Par ailleurs, un intérêt croissant est octroyé à la femme dans les différents programmes d'envergure initiés par le gouvernement. Ces actions ont permis d'améliorer les résultats de la politique menée par le Maroc. Ainsi, le taux d'activités des femmes a enregistré d'importantes fluctuations, passant de 12% en 1982 à 26,6% en 2008.
Il est à noter également que les femmes bénéficient des mesures de promotion de l'emploi mises en place pour aider les jeunes diplômés à s'insérer sur le marché du travail. A titre d'exemple, 44% des 20.254 bénéficiaires entre début janvier et fin avril 2010 sont des femmes alors qu'elles représentent, pour la même période, 53% des bénéficiaires des contrats d'insertion et 54% des bénéficiaires du programme «Taehil». «La réussite de ces programmes est liée
essentiellement à l'expérience acquise par l'ANAPEC dans la gestion de tels projets et dans le choix de ses partenaires. C'est dans cette vision de gouvernance participative, que l'ANAPEC contribue activement avec l'AFEM pour la sélection des candidates et le suivi du projet reprofilage», a conclu le ministre de l'Emploi.
AFEM
L'Association des femmes chefs d'entreprises du Maroc est une association indépendante créée le 28 septembre 2000 afin d'offrir aux femmes chefs d'entreprises un cadre leur permettant de contribuer à l'essor de l'économie nationale, par une plus grande implication dans le débat économique et social d'un côté et de participer dans la prises de décisions orientant la vie économique du pays de l'autre. L'association regroupe à ce jour 450 membres qui génèrent plus de 50.000 emplois. Elle est présente dans sept régions du Royaume (cinq bureaux opérationnels à Rabat, Tanger, Fès, Marrakech et Agadir et deux représentations dans la région de Béni-Mellal et celle de l'Oriental. A signaler que l'AFEM a développé depuis sa création plus de 40- partenariats nationaux et internationaux.
Fluctuations
Le taux d'activités des femmes a enregistré d'importantes fluctuations, passant de 12% en 1982 à 26,6% en 2008.
44% des 20.254 bénéficiaires entre début janvier et fin avril 2010 sont des femmes
Pour la même période, 53% des bénéficiaires des contrats d'insertion sont des femmes
La gent féminine représente également 54% des bénéficiaires du programme «Taehil».
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