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Scolarisation des filles rurales, entre engagements et contraintes

Scolarisation des filles rurales

La garantie de la scolarisation des jeunes filles, surtout en milieu rural, reste toujours une problématique d'actualité.

En effet, malgré les efforts déployés par le ministère de l'Education nationale pour assurer une égalité des chances dans l'accès à l'enseignement, cet objectif reste confronté à de nombreuses contraintes notamment la mentalité de la population dans le milieu rural qui a du mal à changer.

La plupart des familles considèrent toujours l'école comme «une notion étrangère» et confinent le rôle que la femme est appelée à jouer dans la société à l'accomplissement des tâches ménagères et l'éducation des enfants.

Conscientes de cette situation, plusieurs composantes de la société civile se sont engagées à accompagner les efforts déployés par le département de tutelle. Dans ce sens, une campagne d'aide à la scolarisation des jeunes filles en milieu rural a été lancée par le Comité de soutien à la scolarisation des jeunes filles rurales (CSSF).

 

Initié en 2008, ce programme s'articule autour de deux axes, à savoir la contribution à la scolarisation directe des filles à travers la construction des internats pour héberger les filles et l'octroi d'une subvention mensuelle de 350 DH aux bénéficiaires. D'après la présidente de cette association, Ilham Lagrich, ce programme a permis la scolarisation de 1.800 filles depuis le démarrage de cette initiative en 1998.

 

Le deuxième axe concerne le lancement d'un programme de plaidoyer local. Ce plan, qui a démarré en juin 2008, a été mis en œuvre au niveau de quatre provinces, à savoir Kénitra, El Jadida, Khénifra et Zagora, en collaboration avec six associations locales de développement.

S'appuyant sur une approche participative, ce projet visait à sensibiliser les divers acteurs locaux, notamment la commune rurale et les représentants du ministère de l'Education nationale, aux retombées positives de l'accès des filles à l'éducation.

 

Cette démarche visait à encourager les responsables à adhérer davantage à l'objectif de la scolarisation des filles dans le milieu rural. «Notre but était de placer la question de la scolarisation des filles et la lutte contre la déperdition scolaire au cœur des actions locales de développement. Cette approche n'aurait toutefois pas pu prendre toute son ampleur sans la collecte des données détaillées sur la scolarisation des filles dans chaque région.

 

Cette action, qui a été financée par Motorola et accomplie par les associations locales, nous a beaucoup aidés à sensibiliser les acteurs sur la question et mieux cibler les filles», explique I. Lagrich lors d'une journée d'information organisée le 21 mai pour présenter les résultats de ce plaidoyer.

 

Financé par l'Agence américaine «Middle East Partnership Initiative», ce projet6pilote vise à mettre en place, à long terme, une stratégie de plaidoyer au niveau local axée sur l'augmentation du nombre d'établissements scolaires au milieu rural. «C'est un objectif sérieux auquel l'agence américaine confirme son soutien. Le gouvernement américain n'a jamais cessé de collaborer avec les associations et les acteurs locaux car il est conscient de leur engagement pour cette cause et salue d'ailleurs leur implication. En effet, c'est avec l'accompagnement constant des ONG que ces jeunes filles pourraient envisager une vie meilleure pour devenir des femmes qui participeront pleinement au Maroc de demain.

 

L'intervention de la société civile est nécessaire. Il faut dire qu'une société qui néglige l'éducation de la moitié de sa population ne peut aspirer à une économie productive», explique Dominique Zemorague, chargée de projets au département éducation de l'USAID. Par ailleurs, le projet tend aussi à accroître l'implication des communautés locales dans la gestion de la question éducative au Maroc.

 

D'après la responsable de ce projet, Saadia Bouftas, la mise en œuvre de ce programme n'était pas sans obstacles. «Les partenaires et les acteurs locaux ne dépassaient pas le stade des recommandations car ils n'étaient pas suffisamment informés sur l'état des lieux et les bilans rendus publics par le Conseil supérieur de l'enseignement sur les problèmes du système scolaire et ne connaissent pas en détail les contextes du plan d'urgence», souligne cette responsable. L'association espère toutefois que ces efforts soient gratifiés par l'appropriation de la problématique de la scolarisation des filles. Une condition indispensable pour réussir l'objectif visant à éradiquer l'analphabétisme.

 

Résultats du plaidoyer

 

Le programme «Plaidoyer local pour la scolarisation des filles rurales» a été mis en œuvre dans quatre provinces : Kénitra, El Jadida, Khénifra et Zagora. Dans ce sens, des rencontres de concertations avec les associations partenaires ont été organisées. Elles ont permis de débattre des enjeux du projet en termes de progression des taux de rétention scolaire et de définir les axes du plaidoyer à développer. Des réunions ont débouché sur des recommandations figurant dans le plan d'urgence élaboré en 2008. Ce projet, qui aura duré près de deux années, aura permis aux divers acteurs communautaires de commencer à prendre pleinement conscience de leurs problèmes, de tendre vers l'appropriation de la problématique de la qualité de la scolarisation et de la rétention scolaire, notamment des filles rurales et de déclencher un débat élargi impliquant la population locale. Rappelons que depuis la création en 1998 du Comité de soutien à la scolarisation des jeunes filles rurales (CSSF), cette association à but non lucratif reconnue d'utilité publique, n'a pas cessé d'explorer les moyens d'améliorer le taux de scolarisation des filles rurales. Le CSSF avait déjà reçu un soutien financier du gouvernement américain qui lui a permis de renforcer ses capacités internes et celles de 21 associations locales partenaires et de financer des bourses pour 200 filles, qui ont pu ainsi continuer leur scolarisation au niveau collégial.

Réalisation

Ce programme a permis la scolarisation de 1.800 filles depuis le démarrage de cette initiative en 1998.

Objectifs

Ce projet-pilote vise à mettre en place, à long terme, une stratégie de plaidoyer au niveau local.

 

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