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Égalité Homme-Femme, un rapport marocain présenté à Bruxelles

La situation de la femme marocaine à la loupe. En effet, après les deux premiers rapports exposés à New York en marge de la 54 session de l'ONU, un troisième rapport sur les conditions de la femme au Maroc sera présenté cette fois-ci à Bruxelles dans le cadre d'une table ronde organisée par le programme Euromed égalité Homme-Femme (EGEP). Cette manifestation intervient quelques mois seulement après la tenue de la deuxième conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur «Le renforcement du rôle de la femme dans la société» à Marrakech les 11 et 12 novembre 2009.

L'objectif de la table ronde est justement de trouver un accord sur les priorités et les stratégies régionales relatives à l'égalité entre hommes et femmes dans le cadre des conclusions des Conférences ministérielles d'Istanbul et de Marrakech mais également et surtout développer une base de planification participative et globale pour le programme EGEP dans les neuf pays partenaires dans le cadre des conclusions des conférences ministérielles d'Istanbul et de Marrakech. Ledit rapport qui fut présenté pour la première fois aux médias lors d'un atelier de validation, qui a eu lieu le 25 septembre 2009, ressemble plutôt à un bilan d'étape concernant notamment la mise en œuvre de la CEDEF et des conclusions d'Istanbul. Il en ressort que beaucoup de progrès ont été réalisés ces dernières années pour la promotion de l'égalité Homme-Femme.

L'adoption d'un nouveau code de la famille en 2004 et la modification du code de la nationalité en sont de parfaits exemples. Cependant, les auteurs du rapport affirment que l'intégration effective du genre souffre de quelques faiblesses inhérentes notamment à la capacité de certains départements ministériels qui ne permet pas d'élaborer des stratégies rationnelles fondées sur des objectifs clairement délimités et sur des résultats précis à atteindre et ce malgré une réelle volonté politique.

Même si le Maroc parait en quelques sortes à l'avant-garde dans la promotion de l'égalité entre homme et femme, d'autres pays dans le porteur méditerranéen fournissent également des efforts dans ce sens. Si chaque pays choisi et adapte la vitesse des réformes selon les réalités socioculturelles qui lui sont propres, il parait qu'un grand nombre de pays ont tous un point commun : celui de mener des réformes sans pour autant veiller à une certaine conformité avec les conventions internationales. Cela est d'ailleurs valable pour les conclusions d'Istanbul en 2006. Une situation qui est probablement due à l'absence d'un mécanisme de suivi.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les participants à la deuxième conférence ministérielle de Marrakech ont convenu de mettre en place un mécanisme de suivi.

Société civile
Lors de la conférence de Marrakech, les participants avaient également convenu de renforcer le rôle de la société civile qui constitue une véritable force de proposition mais qui ne peut jouer des rôles qui nécessitent de gros moyens. Le rapport marocain dévoile dans ce sens que la société civile, confrontée au gros problème de levée des fonds, ne peut se substituer à l'Etat, concernant le droit à l'éducation, le droit à la santé ou encore le droit à l'emploi. Pour leur part, les organisations non gouvernementales marocaines qui ont pendant longtemps oeuvrer pour l'amélioration des conditions de la femme, reconnaissent que les efforts des instituions étatiques ont beaucoup concouru à la réalisation de progrès mais elles affirment que la vitesse des réformes demeurent en deçà des attentes. De même, certaines militantes du mouvement féministe marocain ne cessent d'appeler les instances gouvernementales à prévoir les moyens et outils pour une réelle application des lois en l'occurrence le code de la famille.

Par ailleurs, les ONG militent pour de nouvelles revendications comme la criminalisation de la violence à l'égard des femmes. Toutes les réformes engagées et tous les progrès réalisés méritent selon de nombreuses associations d'être parachevés. Dans ce sens, le rapport qui sera présenté à Bruxelles propose plusieurs actions prioritaires à plusieurs niveaux sans de gros efforts budgétaires. Au niveau constitutionnel, les auteurs ont appelé à la concrétisation de la volonté politique à travers l'adoption de mesures discriminatoires positives (le quota) pour améliorer la représentativité des femmes dans toutes les instances et réduire les écarts hommes–femmes.

Au niveau institutionnel, le rapport parle de la mise en place entre autre d'un haut conseil national chargé de la question féminine ou d'un observatoire de l'égalité de genre rattaché au ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Au niveau judiciaire, certaines propositions appellent à la création de tribunaux de famille indépendants des tribunaux de première instance. Selon le rapport, les sections de famille créées en 2004 souffrent du manque de moyens humains et matériels et ne jouissent pas de l'autonomie.

D'autres propositions parlent également de la création du fonds de paiement de la pension alimentaire lorsque le redevable est insolvable.

Femmes en chiffres
Pour célébrer la journée du 8 mars, le Haut commissariat au plan a édité un dépliant intitulé : « Femmes et hommes en chiffres 2010». Il vise à mettre entre les mains de toutes les institutions publiques et privées quelques données pour apprécier les évolutions et mesurer les écarts entre les hommes et les femmes dans divers domaines (démographie, éducation, emploi, niveau de vie, etc.).
C'est ainsi que, sur le plan démographique, les femmes, représentaient en 2009, un peu plus de la moitié de la population marocaine (50,7%). Elles vivaient plus longtemps que les hommes (leur espérance de vie est de 74.2 ans contre 71.6 pour les hommes), se mariaient de plus en plus tardivement (26,4 ans contre 17,5 ans en 1962) et mettaient au monde moins d'enfants que par le passé (2,23 enfants par femme contre 7,2 en 1962).

Il en ressort également qu'elles dirigeaient 19,3% des ménages contre 11,2% en 1960. Dans le domaine de l'éducation et de la formation, le taux d'analphabétisme féminin a connu une baisse remarquable de 96% en 1960 à 50,8% en 2009, alors que l'écart par rapport à l'analphabétisme masculin reste encore élevé (près de 23 points). Le taux spécifique de scolarisation des filles de 6 à 11 ans est passé de 74,2% en 1999-2000 à 89,9% en 2008-2009, un taux légèrement inférieur à celui des garçons (93,3%).




Niveau de vie
La dépense moyenne par an et par ménage est plus élevée chez les ménages dirigés par des hommes avec 60.389 DH contre 45.515 DH pour les ménages dirigés par les femmes.

Taille
La taille moyenne des ménages dirigés par les femmes est moins élevée, la dépense annuelle par personne est légèrement plus élevée chez ces derniers avec 11.801 DH contre
11.149 DH pour les premiers.

Pauvreté
Avec un taux de pauvreté de 7,4%, les ménages dirigés par des femmes souffrent moins de ce phénomène que ceux dirigés par des hommes (9,2%).

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