Pauvreté et dépendance économique sont les principales causes
Après le rapport du Réseau Anaruz sur la violence à l'égard des femmes, le Centre Annajda vient à son tour de publier un autre rapport sur ce sujet dans la région du Gharb. Selon cette étude, la pauvreté et la dépendance économique y sont les principales causes de violences.
D'après l'étude du Centre Annajda d'aide aux femmes et aux enfants victimes de la violence basé à Kénitra, réalisée de novembre 2008 à novembre 2009, près de 600 femmes ont subi des violences pour la seule région du Gharb.
La violence physique est la forme la plus répandue, et les femmes les plus exposées ont entre 18 et 30 ans (53% des cas). En outre, 37% des victimes sont des femmes au foyer et leur niveau d'études dépasse très rarement le niveau primaire.
Selon les responsables de cette étude, la pauvreté et la dépendance économique seraient les principales causes de ces violences.
“L'étude approfondie des cas de femmes violentées qui viennent chercher de l'aide auprès du centre Annajda a montré que la dépendance économique, la précarité et la marginalisation constituent les principales causes dont souffrent les femmes victimes de violences.”
Nezha Alaoui, directrice du centre Annajda, à la Map.
En ce qui concerne les agresseurs, 31% d'entre eux sont des chômeurs et 15% sont soit des agents de police, de l'armée ou encore de la gendarmerie. Près de 70% d'entre eux sont âgés entre 30 et 50 ans et 37% n'ont jamais fréquenté l'école.
L'association de plus en plus sollicitée
Le point n'a pas été explicitement évoqué dans le rapport mais dans son entretien accordé à la Map, la directrice du centre a laissé entendre que dans cette partie du Royaume, de plus en plus de femmes s'adressent au centre.
“L'accroissement du nombre de femmes qui s'adressent au centre signifie que les femmes ont pris conscience de l'existence d'institutions alternatives, en dehors de la famille et des proches qui peuvent les écouter, les orienter, les conseiller et leur apporter réconfort et soutien psychique et juridique.”
Nezha Alaoui
“L'amélioration du taux de scolarisation, de l'emploi et du niveau social dans les centres urbains a permis aux femmes de prendre conscience de leur situation, contrairement aux femmes vivant en milieu rural qui, en l'absence de ces possibilités, font face à diverses formes de violence”, ajoute-elle.
La vie d'après...
Après le travail d'écoute et d'assistance, le centre Annajda a mis sur pied un programme de formation pour les femmes en coiffure et esthétique, cuisine et artisanat, parallèlement aux cours de lutte contre l'analphabétisme afin de faciliter leur intégration. “Ces initiatives pourraient leur permettre de subvenir à leurs besoins et leur assurer une indépendance économique et partant, sortir de ce cycle de la violence”, explique Mme Alaoui.
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