L'administration publique est l'un des principaux secteurs de travail où subsiste la discrimination entre les sexes.
En 2009, ce secteur a enregistré un taux de féminisation de 25,7%, légèrement supérieur à celui de 2005 qui était de 23,8%, et inférieur au taux global enregistré dans tous les ministères publics (36,4%).
Si, de manière générale, les femmes sont représentées dans tous les postes d'emploi au sein de l'administration publique, elles demeurent encore éloignées des centres de décision, lesquels sont occupés essentiellement par les hommes.
Ainsi, 17% des employées affirment rencontrer des difficultés pour accéder aux postes de responsabilité, et 33% ressentent un manque de confiance en leurs capacités selon une étude élaborée par le ministère de la Modernisation des secteurs publics.
Dans le cadre des efforts engagés par le ministère de tutelle pour améliorer cette situation, une journée d'études a été organisée le 4 mars dernier à Rabat sur le thème « La consécration du principe d'égalité des sexes, un levier pour la modernisation de l'administration publique » et ce, à l'occasion de la journée internationale de la femme que le monde célèbre le 8 mars. « Le ministère de la Modernisation des secteurs publics est décidé à contribuer aux efforts visant la promotion d'un environnement administratif imprégné des valeurs de l'équité et de l'égalité entre les sexes », déclare Mohammed Saâd El Alami, ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Modernisation des Secteurs Publics dans son mot d'ouverture. Pour y arriver, il est nécessaire d'après le ministre, de passer de la sensibilisation sur les questions en rapport avec le travail de la femme dans l'administration publique, à une étape plus cruciale, celle de l'institutionnalisation de l'égalité entre les sexes dans la fonction publique.
Dans ce but, un plan sectoriel a été d'ores et déjà mis en place par le ministère, lequel s'assigne pour objectifs d'intégrer l'approche genre dans toutes les politiques sectorielles, d'augmenter le taux d'accès de la gent féminine aux postes de décision et de concilier entre la vie publique et la vie familiale des femmes fonctionnaires.
Les femmes aux postes de responsabilité
Kaoutar Alaoui Mdaghri, chef de division de l'Observatoire de l'emploi public au sein du ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l'état des lieux de la représentativité des femmes dans les centres de décision.
Ainsi, d'un récent sondage mené par le ministère de la Modernisation des secteurs publics sur bon nombre de femmes fonctionnaires, il ressort que 80% des fonctionnaires interrogées sont des chefs de services titulaires de doctorat à hauteur de 33% et de Master à hauteur de 47%. Côté promotion, 38% des femmes fonctionnaires affirment avoir été promues sur la base de leurs années d'ancienneté. Le revers de la médaille c'est que 33% d'entre elles ressentent un manque de confiance en leurs compétences et 17% évoquent des difficultés qu'elles ont confrontées pour accéder aux postes de responsabilité. Par ailleurs, 80% des femmes déclarent que leurs maris sont favorables à ce qu'elles occupent des postes de responsabilité, à condition que leur travail n'empiète pas sur leurs devoirs familiaux.
D'autres mesures seront engagées par le ministère dans l'avenir proche pour faire de l'égalité entre les sexes dans la fonction publique un principe fondamental. Entre autres, Mohammed Saâd El Alami annonce la mise en place éventuellement d'un programme pour développer les mécanismes institutionnels permettant l'accès des femmes aux postes clés. Il sera aussi procédé à la révision du décret du 30 décembre 1975 organisant l'accès aux postes suprêmes au sein des ministères, en vue de promouvoir la transparence en matière de sélection et de permettre un équitable accès des femmes aux postes de responsabilité.
De même, un réseau de coordination des actions des différents ministères dans le domaine de l'institutionnalisation de l'égalité entre les sexes sera mis en place. A cet égard, le ministère de l'Economie et des Finances a son mot à dire. L'intégration de l'approche genre dans la Loi des finances et l'élaboration d'un budget genre sont donc présentées comme deux pas de géant vers la consécration de l'égalité entre les sexes. Lors de son intervention intitulée « budget genre : un vecteur d'efficience des politiques et de modernisation de la gouvernance économique », Mohammed Chafiki, directeur des Etudes et des prévisions financières au ministère de l'Economie et des Finances fait savoir qu'« il ne s'agit pas de réserver un budget spécifique aux femmes, mais plutôt d'opter pour une gestion qui prenne en compte les différences intrinsèques entre les besoins des femmes et ceux des hommes.
Outre le budget général de l'Etat, M. Chafiki considère que l'approche genre doit être intégrée dans le budget des collectivités locales. Pour instaurer l'égalité entre homme et femme dans le domaine de l'emploi, le responsable estime nécessaire d'œuvrer, de prime abord, au renforcement des données statistiques en matière de travail des femmes.
Les acteurs sociopolitiques sont, quant à eux, appelés à s'approprier l'approche genre, y compris les parlementaires, les employeurs, les syndicats de travail et les ONG.
Les femmes aux postes de responsabilité
Kaoutar Alaoui Mdaghri, chef de division de l'Observatoire de l'emploi public au sein du ministère de la Modernisation des secteurs publics dresse l'état des lieux de la représentativité des femmes dans les centres de décision.
Ainsi, d'un récent sondage mené par le ministère de la Modernisation des secteurs publics sur bon nombre de femmes fonctionnaires, il ressort que 80% des fonctionnaires interrogées sont des chefs de services titulaires de doctorat à hauteur de 33% et de Master à hauteur de 47%.
Côté promotion, 38% des femmes fonctionnaires affirment avoir été promues sur la base de leurs années d'ancienneté. Le revers de la médaille c'est que 33% d'entre elles ressentent un manque de confiance en leurs compétences et 17% évoquent des difficultés qu'elles ont confrontées pour accéder aux postes de responsabilité. Par aill+eurs, 80% des femmes déclarent que leurs maris sont favorables à ce qu'elles occupent des postes de responsabilité, à condition que leur travail n'empiète pas sur leurs devoirs familiaux.
Légère évolution
Durant la dernière décennie, la représentativité des femmes dans l'administration publique et les collectivités locales a évolué légèrement, passant de 23,8% en 2005 à 25,7% en 2009
Ecart
Le taux de féminisation dans l'administration publique et les collectivités locales connaît un important écart entre le milieu urbain où il a atteint 27,7% en 2009, et le milieu rural où il est de 8,4%
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