La protection de la femme contre les différents types de violences a été au cœur de la deuxième rencontre annuelle du centre multifonctionnel Batha à Fès.
Cette rencontre organisée par l'association Initiatives pour la protection des droits des femmes IPDF pour évaluer les résultats d'un an de travail auprès du groupe témoin a permis de lever le voile sur le rôle des centres multifonctionnels dans l'autonomisation des femmes.
« C'est une des expériences pilotes en matière d'offre de service, de prise en charge et d'accompagnement des femmes victimes de violence, par leur autonomisation », indique dans son intervention Nouzha Skalli, ministre du Développement social de la famille et de la solidarité.
Selon elle, grâce à la nature des actions, la qualité des espaces/des services, la disposition des espaces : accueil, écoute et accompagnement psychologique et juridique, hébergement, formation professionnelle, activités d'épanouissement et les espaces adaptés aux enfants des femmes victimes de violence, c'est une vrai chaîne de services. La ministre a également parlé des avancées réalisées en matière de lutte contre les discriminations et les violences basées sur le genre, mais aussi des défis qui restent à relever. En effet, la lutte contre la violence à l'égard des femmes et des filles, l'autonomisation et l'habilitation des femmes est une préoccupation majeure aujourd'hui.
Cela se traduit dans le rapport national 2005 sur les objectifs du millénaire du développement (OMD) qui appelle à réduire de moitié la violence à l'égard des femmes » ainsi que dans la déclaration du gouvernement sur la nécessité de mise en place d'un plan d'action multidimensionnel pour l'intégration de la dimension genre et la lutte contre les violences à l'égard des femmes.
A cela s'ajoute selon la ministre des avancées notoires vers l'égalité telles les réformes législatives : Code de la famille, de la nationalité …, la proclamation du 10 octobre, journée nationale de la femme marocaine, la mise en œuvre de la stratégie nationale de l'équité et de l'égalité, budget sensible au genre, l'élaboration en cours d'un agenda gouvernemental pour l'égalité et la promotion des femmes aux postes de responsabilité et de décision et accès des femmes aux instances élues en particulier au niveau local lors des élections communales de juin 2009 dont la région de Fès.
Cette préoccupation se traduit aussi entre autres par la mise en place de AMKINE qui est un programme multisectoriel de lutte contre les violences de genre par l'autonomisation des femmes et des filles, des campagnes annuelles de sensibilisation par ONDE et MDSFS, des partenariats entre les institutions et avec les ONGs, un centre d'écoute national au niveau du MDSFS et des centres et cellules d'accueil dans différentes institutions. Cela dit,
la lutte contre la violence nécessite surtout un traitement spécifique de la part
des commissaires, des gendarmes, des médecins, des chargés de l'accueil des femmes et des écoutantes des centres d'écoute.
Rapport annuel
Selon le rapport établi à partir du numéro national, du 1 octobre 2008 au 30 septembre 2009, le nombre de victimes de violence se chiffre à 12.710 alors que le nombre d'agresseurs est de 13.753 et le nombre d'actes d'agressions est de 29.503. Il révèle aussi 80,0% des déclarations concernent la violence conjugale avec une proportion de 63,7% de ces déclarations, se sont des femmes qui subissent des agressions d'une façon « permanente », 28,8% ont déclaré que la violence est « fréquente » et 39,7% des plaintes concernent la violence psychologique : injures humiliation,…
| Jalila Bennani |
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